Cités et koina au IIIe siècle

Dans le premier paragraphe concernant les cités et les koina au IIIe siècle, se présente comme une présentation où l’auteur nous dépeint la situation. Sparte a perdu sa puissance du passé et ne la retrouvera pas, Athènes varie entre des périodes d’indépendance et de sujétion au Antigonides. Seul Rhodes résiste aux royaumes et conserve son indépendance.  C. Grandjean cherche ici à nous montrer que le troisième siècle, en raison de l’importance des royaumes voit beaucoup de grandes cités perdre de leur puissance. Elle évoque par la suite, le fait  que le IIIe siècle est également marqué par le développement d’Etats régionaux ou koina qui associent soit des cités (koinon achaien, koinon béotien) soit des cités et des ethnè (koinon étolien), dans le but de mieux résister aux royaumes. Il existait déjà des koina au pare avant, comme le koinon Béotien mais il ne tenait pas une place importante. Les koina les plus influents de la période hellénistique sont les koina achaien et étolien, ils se manifestent par une emprise territoriale plus large, des institutions représentative proches de celle des cités, démocratiques, mais avec  un  magistrat unique, le stratège qui possède un pouvoir important, limité par l’interdiction d’une réélection immédiate.

 

Le koinon étolien, première puissance de Grèce centrale


Présentation :

            Le premier paragraphe concernant le koinon étolien est une rapide présentation  du koinon, de sa géographie et de sa topographie. L’auteur nous présente l’Etolie antique comme la région la plus vaste de la Grèce du centre-Ouest, montagneuse et couverte de forêts ayant pour frontières, au Sud le golfe de Corinthe, à l’ouest l’Acheloos et à l’Est Daphnos. C. Grandjean, n’oublie toutefois pas de rappeler que ces frontières changent selon les annexions territoriales du koinon. Par exemple lors de la guerre Démétriaque (279/278) où je cite : «  la grande Etolie s’étendit jusqu’à l’Olympe ».

Le koinon étolien hellénistique a été fondé en 330 avant J.-C. à partir de trois tribus étoliennes : les Apodotes, les Ophionéens et les Eurytanes. Le koinon étolien comme nous le rappel C. grandjean a mauvaise presse, l’achaien Polybe le décrit comme « un état voyou » qui  ne pratique quasiment que la piraterie et la guerre, ce qui n’est pas sans rappeler le texte I, 5-6 de Thucydide. Cependant les récentes recherches et notamment les recherches archéologiques montre une certaine prospérité du koinon étolien, des succès diplomatique à l’exemple de la Grèce centrale, du Péloponnèse et de l’Asie mineure. L’armée étolienne semble assez faible en nombres, environ 15000 fantassins qui souvent étaient des mercenaires à l’étranger. Cependant chaque communauté savait assurer sa défense.

 

Influence :

On peut mesurer l’influence du koinon étolien au IIIe siècle par son contrôle de Delphes, en effet le koinon a utilisé l’amphictionie pour exercer une hégémonie régionale, comme nous le rappel l’auteur. Depuis sa victoire sur les Galates en 278 le koinon connait une rapide monté en puissance comme le montre les listes de représentant pyléo-delphique. La neutralité des étoliens dans la guerre de Chrémonidès  a permis au koinon d’accentuer son influence a Delphes et «  peser par ce biais sur les affaires de la Grèce centrale. Ils étendirent leur autorité hors de la grèce centrale par des conventions d’asylie (protection contre le droit de saisie en temps de paix). L’auteur évoque également des conventions d’isopolitie, « une forme d’intégration des cités concernées au koinon »

 

Décadence :

Le koinon étolien fut affaiblie à la fin du IIIe siècle surtout à partir de 189, il conserva cependant l’amphictionie jusqu’en 168, il survécut tout de même après. On a connaissance de stratège jusqu’en 128. Il s’allia avec Antoine lors de la bataille d’Actium, puis sa population sera déportées et ces ses sanctuaires dépouillés.

 

Richesse :

On connait principalement les étoliens ainsi que leurs importantes richesses, par leurs mercenaires, l’efficacité de leur piraterie, avec la technique des razzias, comme le rappel Thucydide et Polybe dans leurs textes. Cependant la prospérité étolienne était également basée sur l’agriculture, l’élevage de chevaux, le commerce (Naupacte), le contrôle des ports et des routes de Grèce centrale et bien entendue du contrôle du sanctuaire de Delphes qui n’est pas négligeable. La richesse étolienne se manifeste surtout à Thermos sa capitale «  citadelle de l’Étolie tout entière » Le texte de Polybe V, 8-9 qui évoque le pillage de Thermos par les macédoniens en est un très bonne exemple : « il leur permit en outre de piller les édifices qui se trouvaient à Thermos même et qui étaient non seulement plein de blés et d’autres vivres, mais encore pourvus d’installations tout à fait remarquable pour l’Etolie » « ils comptaient aussi que ces richesses se trouveraient là en sécurité plus que nulle part ailleurs » Ces deux citations du texte de Polybe nous montres que la richesse étolienne se manifeste également par ces édifices  et, que les richesses étaient accumulé  a Thermos en raison de son positionnement géographique et de sa topographie qui constitue une citadelle comme évoqué précédemment. Toujours lors du pillage de Thermos en 218 et comme source le texte V, 8-9 de Polybe, la quantité d’armes (15 000) et de statues (2000) montre également une certaine richesse. Les fouilles archéologiques confirment une certaine richesse notamment avec la découverte de vestiges de prestiges dans une vaste enceinte : des portiques, un bouleuterion, une agora et de nombreux monuments. Tout ceux-ci nous montre que l’idée de barbares riche que par leur piraterie mis en avant par Thucydide est erronée.

 

Institution et fonctionnement :

L’institution du koinon est l’assemblée du peuple (l’ekklesia) qui se réunit deux fois par an, afin d’élire les magistrats, de voter les lois, décrets, la paix et la guerre. L’ekklesia se réunit a Thermos, sa capitale en septembre (l’auteur précise, à la fin des campagnes militaire lors des Thermika) et au printemps (lors de la fête des panaitolika) dans une ville différente chaque année. Chaque cité est représentée à l’ekklesia, en proportion de sa population civique ce qui comme le rappel le texte sous-entend un vote par tête. Le koinon possède également un conseil (boulè), il se réunissait plus souvent que l’ekklesia et recevait des délégations de cette dernière. Les attributions du conseil étaient les suivantes : l’octroi de proxénie, de justice (conflit entre cités principalement), la négociation de convention et de traiter avec des Etats étranger. La boulè se composait  de représentants des cités et son nombre évoluait selon l’évolution du koinon, exemple : environ une centaine au milieu du IIIe siècle avant son expansion et plus d’un millier par la suite. Au sein du conseil il y avait un conseil plus restreint qui gérait les affaires au jour le jour : le conseil d’apoclète.

Le stratège est un magistrat unique, éponyme, élu chaque année sans réélection immédiate (ne peut pas être élu deux de suite), qui est à la tête du koinon, et de l’armée, il est secondé par un hipparque qui avait pour charge la cavalerie. On atteste également un secrétaire du conseil, des nomographes, des agonothètes. Il semble qu’il existait une certaine hiérarchie dans les postes  et que par exemple il fallait passer par le stade de secrétaire du conseil puis d’hipparque avant de pouvoir prétendre au poste de stratège. De plus, tous ces magistrat devaient rendre compte à l’assemblé et pouvaient être condamnés lors de l’exercice de leur pouvoir.

                « Chaque cité était autonome et avait son propre gouvernement avec des magistrats élus annuellement (boularchoi, grammateis, prêtres). Tous les états membre du koinon devaient verser une contribution financière à ce dernier, à hauteur de sa population.

                Le koinon étolien possédait sa propre monnaie sur laquelle figurait une personnification de l’Etolie assise en armes sur un amas de bouclier gaulois, encore une preuve de l’influence du koinon et de sa richesse.

 

Le koinon achaien et l’unification du Péloponnèse

 

Le koinon achaien de l’époque hellénistique a été fondé en 280 par quatre petites cités d’Achaïe, l’auteur ne les mentionne pas, mais on sait qu’elles se situaient au nord du Péloponnèse. Jusqu’à l’adhésion de Sicyone, une cité du Péloponnèse située sue un plateau non loin du Golfe de Corinthe, en 251, le koinon reste un petit pays qui a pour ambition de : «  chasser les macédoniens du Péloponnèse, renverser les gouvernements tyranniques et garantir à chaque cité la liberté commune et ancestrale. » (Polybe 2, 43,8). C’est donc à partir de 251, que le koinon s’étendit et ceux sous le contrôle d’Aratos de Sicyone (271-213)  qui reçut l’appui  financier des lagides et repris l’Acrocorinthe au Antigonides en 243. Le koinon achaien a réussi à placer sous son autorité tout le Péloponnèse et à faire des extensions en Grèce centrale (Héraclée Mégare), et ceux malgré la résistance des Antigonides, de l’Etolie et de Sparte. Comme le rappel C. Grandjean, le second artisan qui a contribué à la puissance du koinon des achaien est Philopoimen de Mégalopolis (253-183) surnomé le « dernier des grecs » par Plutarque, il s’agit d’un homme d’Etat et d’un général, il a été huit fois stratège. C’est au tournant des IIIe et IIe siècles qu’il fut capable de mettre à profit l’alliance romaine et qu’il réforma l’armée et les institutions du koinon qui n’était plus en accord avec sa taille et sa puissance. Le koinon achaien conserva le contrôle du Péloponnèse entre 192 et 146 bien qu’il y eut des résistances de la part de Sparte et de Messène. C’est en 146 après la guerre d’Achaïe que le koinon fut dissous, il fut refondé peu de temps après mais ne comprenais alors que quelques cités d’Achaïe et d’Arcadie.

La loi on possédait deux assemblées, la synedos qui se composait des personnes de plus de trente ans de toutes les cités achaiennes. En 200, avec l'élargissement du koinon suppose que cette assemblée fut réformée et seulement ouverte aux membres de la boulé. Les membres de la boulé étaient élus en proportion de leur population comme dans le koinon étolien. La deuxième assemblée représentative est la synkletos, l'auteur nous explique qu'il s'agissait probablement d'une assemblée extraordinaire seul habilitée à traiter les questions de politique étrangère. Toujours comme chez les étoliens, les achaiens élisaient des magistrats chaque année. Il y avait également un magistrat unique, un stratège secondé d'un hipparque. C'est le collège des dix damiorgoi, au sein de la boulé, avec le stratège qui convoquait l'assemblée et qui fixait l'ordre du jour. On atteste également  un namarque, des nomographes et un trésorier. Le koinon achaien de percevait pas d'impôts de la part des cités membres en revanche ces dernières devaient verser une contribution pour  la solde des mercenaires.

Pour ce qui est de l'armée, elle était constituée de contingents civiques qui étaient réquisitionnés en cas de nécessité. C'est Philopoimen qui donna un arment plus adéquat à l'armée et qui forma un corps d'élite, le epilektoi

Le koinon à due faire face à des tensions social car ce sont les riches propriétaires  tel que Lycortas et Polybe qui dominaient les cités.

Certaines cités se démarquent, et ont une influence plus importantes sur le koinon car elles ont fournies plus de stratèges que les autres et que l'assemblée s'y est plus souvent réunie, on peut par exemple citer Megalopolis.

Pour la justice, les tribunaux ne jugent que les affaires relatives au koinon.

Le koinon achaien à frapper des monnaies de bronze et d'argent, cette monnaie achaien ne s’est diffusée dans tout le koinon jusqu'au Ier siècle avant J.-C., lorsque Auguste décidé d'imposer la monnaie romaine, le denier (moyen de contrôle et de domination)

Annexe :

 en pièce jointe

 

 

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Réponses à cette discussion

Le lien direct sur la carte de Raphaël : 

http://api.ning.com/files/-zzbiCwdbUtpC1dDK1bTlq-mW83UkImSx213xis72...

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Pour l'Etolie et l'Achaïe, C. Grandjean tient à la traduction du mot koinon par celui "d'Etat régional". Vous trouverez page 140 sa définition : 

"Un koinon était une communauté de personnes, de cités.. Le koinon ne correspond à aucune réalité politique actuelle : ce n'est pas plus un Etat fédéral qu'une confédération. La traduction de koinon par "Etat régional", qui évite les confusions avec les notions contemporaines et reste vague, est la moins contestable". 

Juste une remarque que je vous ai déjà faite : évitez le terme de "décadence" pour préférer celui de "déclin". 

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