Sylvie Le Bohec

« Les reines de Macédoine de la mort d'Alexandre à celle de Persée »

 

 

 

 

            Professeur d’histoire grecque à l’université de Rouen, Sylvie le Bohec expose, dans cet article des Cahiers de Gustave Glotz, le rôle des reines de Macédoine à partir de 323 jusqu’à la fin du royaume macédonien c’est-à-dire en 168. Tout d’abord quelques mots sur ces Cahiers de Gustave Glotz. Nés en 1990 et coordonnés par Claude Nicolet, historien de l’histoire romaine, ce recueil d’articles sous le thème du « Pouvoir dans l’antiquité » se transforme en revue annuelle d’histoire de l’Antiquité.

 

            Dès le début de l’article, l’auteur revient sur l’idée fausse du rôle des reines macédoniennes. En effet on a souvent prêté à ces dernières, contrairement aux reines attalides ou encore séleucides, un rôle passif dans le royaume. Mais grâce à de nouvelles données, notamment les sources épigraphiques, on a pu constater que ces reines jouaient un véritable rôle. Ainsi l’auteur utilise différentes sources pour étudier le rôle des reines macédoniennes à l’époque hellénistique. Ces sources sont littéraires, épigraphiques et archéologiques.

Le but de Sylvie Le Bohec est donc d’éclairer le rôle de la reine dans son royaume ou du moins en donner une vision plus vraie. L’auteur opte donc pour une approche thématique, en effet elle étudie l’importance des mariages dans le royaume macédonien, puis le caractère de certaines reines, les preuves qui prouvent l’importance de la reine dans son royaume sont étudiées sans oublier les pouvoirs exceptionnels exercés par certaines reines macédoniennes. Enfin les « tâches ordinaires » des reines sont mentionnées. Sylvie Le Bohec montre ainsi les interventions des reines macédoniennes dans les différents aspects de la vie du royaume.

Tout d’abord, qui sont ces reines macédoniennes ? L’auteur a la bonne démarche de citer toutes les reines connues du royaume Macédonien. (Cf. Le tableau p.3)

  • L’importance des mariages :

Il faut savoir que la polygamie est une véritable tradition chez les Macédoniens. Le but de tous ces mariages sont multiples, en effet lorsqu’il s’agit de mariages avec des étrangères, comme le cas de Deidame sœur de Pyrrhos, roi d’Epire, qui épouse Démétrios Poliorcète, le but est avant tout diplomatique, il s’agit d’une entente entre le royaume de Macédoine et celui d’Epire. L’autre but des mariages est de donner au roi un choix suffisant d’enfants mâles pour lui succéder.

 

  • Le caractère des reines :

     Grâce aux sources littéraires, ici l’historien grec Diodore de Sicile (Diodore XIX, 11, 5 ; XIX, 11, 7 ; XIX, 59, 5,4 trad. F. Bizière, Belles Lettres, Paris, 1975), on retrouve des descriptions élogieuses de deux reines macédoniennes : Eurydice et Phila.

 

  • Preuves de l’importance de la reine :

     La découverte archéologique d’un tissu pourpre dans l’antichambre de la Grande   Tombe de Vergina, nom moderne d’Aigai où se trouve le grand sanctuaire macédonien, et la découverte de bijoux d’apparat (couronne et diadème). Il est possible que ces reines portent un vêtement pourpre comme leur mari. Dans ce même sanctuaire, on a trouvé des peintures et des statues qui représentaient ces reines. De plus deux villes qui ont été fondées à l’époque hellénistique portent le nom de souveraines, c’est le cas de Thessalonique: créée en 316 par Cassandre en l’honneur de sa femme Thessalonikè. La reine a ses propres courtisans, confirmé par les différents décrets retrouvés à Ephèse par exemple. Elle dispose également de ses propres conseillers.

Les reines disposent de mines, c’est le cas de Roxane reine et veuve d’Alexandre le Grand.

 

  • Les pouvoirs exceptionnels de la reine :

     Les reines ont reçues elles aussi des honneurs, comme le confirme les différentes sources épigraphiques, l’auteur expose différents exemples :

-Phila: elle reçut un téménos, il s’agit d’un espace sacré et délimité par une enceinte,  en Attique, il contenait un temple et des statues et la reine était assimilée à la déesse Aphrodite.

-Phila II: un autre téménos lui est consacré à Samos, île de la mer Egée.

Les reines ont également jouées un rôle militaire et diplomatique, on a l’exemple de :

-Kynané, femme d’Amyntas IV, qui n’hésite pas à lever une armée contre le roi Antipater en 322.

-Adéa-Eurycide, épouse de Philippe II, qui proclame Cassandre régent du royaume en 317.

-Olympia, la mère d’Alexandre, c’est la troisième femme qui est à  la tête d’une armée.

 

  • Des « tâches ordinaires » :

L’auteur précise bien que les pouvoirs cités plus haut restent bien exceptionnels, en effet les reines sont associées à des fonctions plus générales, telles que la  régence c’est le cas de la reine Thessaloniké.

On a l’exemple de Chryséis l’épouse d’Antigone Dôson, elle envoie des vivres et du matériel indépendamment de son mari lors du tremblement de terre de Rhodes.

De plus les reines ont deux responsabilités: elles ont un rôle dans les actes d’affranchissement puis elles interviennent dans les affaires que les habitants viennent leur soumettre qu’elles soient publiques ou privées.

 

Par cette étude et tous les exemples fournis, l’auteur prouve bien que les reines macédoniennes n’ont pas un rôle de figurantes dans le royaume. Elles ont une importance et tiennent des rôles particuliers dans la Cour. Elles sont sujettes à différents honneurs. Mais il faut tout de même nuancer, en effet la reine  n’avait pas le droit de tutelle, épitropeia en grec. Ce fut le cas de Roxane, veuve d’Alexandre le Grand. C’est une des limites des reines macédoniennes.

L’apport de ce texte est méthodologique, en effet l’auteur montre comment grâce aux sources littéraires, épigraphiques et archéologiques un aspect du royaume, ici les reines macédoniennes, a pu être éclairé.

On regrette tout de même que l’auteur ne s’intéresse pas aux reines macédoniennes remontant avant l’arrivée d’Alexandre en  336 av.J.C. et qu’elle se concentre uniquement sur les reines et pas la femme en général. Cette limitation est sûrement due au manque de sources littéraires ou épigraphiques. 

 

 

 

 

LES REINES MACEDONIENNES :

 

 

 

 

Reines

 

Dates

 

Origines

Epoux

Enfants

Roxane

 

327-322

Sogdiane

Alexandre

Alexandre IV

Eurydice

 

322-317

 

Philippe III

 

Thessalonikè

 

316-297

Théssalie

Cassandre

Philippe, Antipater,   Alexandre

Phila Ière

 

321-288

Macédoine

Cratère(-322)

Démétrios Poliocète

Antigoné, Stratonice

Lanassa

 

291- ?

Syracuse

Pyrrhos

Démétrios Poliocète

 

Phila II

 

276-272

Asie mineure

Antigône Gonatas

Démétrios II

 

Stratonice

 

253(?)-239

Asie mineure

Démétrios

Apamé

Phthia

 

239-229

Epire

Démétrios II

Antigone Dôson

Philiipe V

Chryséis

 

 

 

Antigone Dôson

 

Polycrateia

 

213- ?

Péloponnèse

Aratos

Philippe V

Persée

Anonyme

 

 

 

Philippe V

Démétrios et 2 filles

Princesse bastarde

 

182- ?

 

Persée

 

 

Laodice

178-168

Asie mineure

Persée

Ariarathe

 

 

 

 

 


 

Anne Bielman Sanchez

Réflexions sur les reines attalides et séleucides

 

 

Quelques mots sur Anne Bielman Sanchez : elle est professeure à la Section d’archéologie et des sciences de l’Antiquité à l’université de Lausanne.

 

            Avant de commencer cette synthèse, il faut préciser que, contrairement à Sylvie Le Bohec, Anne Bielman Sanchez nous expose le rôle des reines attalides et séleucides mais aussi épirotes lagides et thraces à l’époque hellénistique. Les reines attalides appartiennent à la dynastie du royaume de Pergame, tandis que les reines séleucides appartiennent à la dynastie de Séleucos donc en Asie mineure.  Les reines lagides se situent en Egypte.

Même si elle se concentre sur ces reines, l’auteur s’arrête à de nombreuses reprises sur les reines macédoniennes qui seront par la suite les reines antigonides à partir d’Antigône le Borgne (306-301)

Cet article nous permet donc de faire une comparaison entre les reines attalides, séleucides et les reines antigonides.

 

A l’instar de Sylvie Le Bohec, Anne Bielman Sanchez entreprend de « réhabiliter ces femmes considérées par les historiens positivistes du XIXème siècle comme des créatures dangereuses et scandaleuses. » Par des sources littéraires et épigraphiques, l’auteur redonne aux reines hellénistiques leur véritable place aux de leurs royaumes.

Pour exposer sa démarche, elle opte pour un plan très simple et clair. En effet dans un premier temps, elle relate le rôle de ces reines au sein de leur famille, donc en tant qu’épouse, mère ou encore sœur. Puis dans une seconde partie, elle expose le rôle public de ces reines. L’étude de ces deux rôles amènent l’auteur a parlé d’une complexité du statut des reines dans les familles régnantes notamment les dynasties séleucides et attalides.

 

  • Le rôle privé des reines dans leur famille :

Importance politique :

-Macédoine : Grâce aux sources épigraphiques on a l’exemple de la reine Eurydice, considérée comme une des plus grandes reines du royaume macédonien, qui était mentionnée à plusieurs reprises dans des documents officiels. De plus l’exemple de Cléopâtre illustre bien le rôle que prennent les reines dans le royaume. Fille d’Olympias et sœur d’Alexandre, elle fut une figure prééminente en Macédoine mais cette dernière exerça la régence durant l’absence de son mari et oncle Alexandre Ier, roi des Molosses. Ainsi on a pu affirmer que l’on accordé aux femmes des droits juridiques étendus. Mais il faut toujours nuancer, ces femmes ne portaient pas de titre royal et n’avait pas de statut institutionnel.

Notion importante, ces reines macédoniennes ont été considérées comme des instruments de légitimation. En effet, leur appartenance avec Philipe II et Alexandre le Grand ont fait d’elles les représentantes de la royauté macédonienne. Ainsi Cassandre épouse Thessalonikè, fille de Philippe II.

-Séleucides : Le cas des reines séleucides est différent, en effet ces reines prennent au fil des décennies de plus en plus d’importance. Elles représentent « la clé du pouvoir royal ».  L’exemple de Laodice VI, fille d’Antiochos III cinquième roi séleucide, est bien représentatif de la situation des reines séleucides. En effet cette dernière est mariée à son beau-fils Antiochos le Jeune puis à ces deux frères cadets par la suite. Ainsi celui qui épousait cette princesse se désignait comme l’héritier en titre. De plus tout comme les reines macédoniennes, les reines séleucides avaient un véritable rôle diplomatique. En effet les filles du roi étaient données en mariage à des rois-vassaux, ainsi elles servaient de « traits d’union politique entre le pouvoir central et les lignées royales assujetties. ».

Dans tous les cas ces reines étaient de véritables pions  dans le jeu des Diadoques, puisqu’elles permettaient à ces derniers de marquer la reconnaissance mutuelle du pouvoir des Diadoques et leur domination sur leurs vassaux.

 

Preuve d’affection et polygamie :

-Macédoine : Sylvie Le Bohec (« Les reines de Macédoine de la mort d’Alexandre à celle de Persée ») explique très bien l’importance qu’on les reines macédoniennes notamment dans le domaine de polygamie (cf. synthèse de S.Le Bohec).

-Séleucides : Le lien qui unissait le roi et la reine est important pour la stabilité du royaume. Ce n’est pas pour rien qu’Antiochos III fit proclamer par décret dans tout le royaume l’instauration d’un culte pour son épouse Laodice V. En effet cette dernière vivait depuis 18 ans « aux cotés [du roi] avec tendresse et sollicitude »

-Attalides : le rôle conjugal et maternel de la reine a été l’un des piliers de la propagande dynastiques des attalides. Le cas de la jeune reine Apollonis. Cette épouse d’Attale Ier fit élever au rang de vertu conjugale et maternelle et de modèle à suivre. D’ailleurs la cité d’Athènes loue le couple royal pour l’éducation qu’ils avaient donnée à leurs fils. Ainsi chez les Attalides, la famille est élevée au rang de valeur fondamentale, voire de pierre angulaire du royaume.      

Pour ce qui est de la polygamie, on a vu avec S.Le Bohec que cette pratique est répandue dans le royaume macédonien. Pour tout dire il s’agit d’une prérogative du roi. Mais cette polygamie pose problème, en effet elle donne aux reines plus de pouvoirs notamment sous le règne de leur fils que sous celui de leur époux, puisque leur pouvoir n’est plus contesté par une autre femme.

 

 

  • Le rôle public des reines :

Le titre royal:

Il faut savoir qu’avant Alexandre Le Grand, dans la dynastie argéade, les reines ne portaient pas de titre royal. A partir de la période des Diadoques (323), on modifie cet usage. Ainsi à la reine antigonide Phila, épouse de Démétrios Poliorcète, le titre royal de reine lui         est attribué dans un document daté de 306 av. J.C.

L’octroi d’un titre officiel aux épouses des rois hellénistiques est une innovation: il consacre la reconnaissance de la royauté féminine à côté de la royauté masculine.

                      

A l’honneur durant les fêtes et cultes :

Les reines étaient sujettes à des fêtes, des cultes ou encore des honneurs. Ainsi le port d’insignes royaux identiques pour le roi et la reine, tels que le diadème et la pourpre, reflétait leur égale dignité. Le fait qu’on instaure des cultes en l’honneur de ces reines dénotent l’estime qu’on avait d’elles. En ce qui concerne le culte, il faut savoir distinguer deux types de cultes, tout d’abord le culte civique mis en place spontanément par les cités et le culte dynastique établis par décision du roi dans le but de fidéliser l’idéologie monarchique et de fidéliser les sujets éloignés des centres du pouvoir.

Ce culte concerne également le royaume séleucide, ainsi la reine Apollonis bénéficie d’un culte civique, attesté à Téos. La reine était associée à la déesse Aphrodite.

Outre Apollonis, Laodice V a été honorée par de nombreux cultes civiques : elle bénéficie d’un terrain sacré avec un autel à Sardes, une statue cultuelle et une fête et une agora  à son nom à Téos, elle reçoit des services d’une prêtresse attritée à Iasos. 

 

Un rôle humaniste :

Les différentes fonctions des reines séleucides s’apparentent à celles des reines macédoniennes et donc des antigonides par la suite.

Les reines séleucides étaient sollicitées pour des questions d’ordre humanitaire: dons de Blé de Laodice V aux Iasiens ruinés par un tremblement de terres.

A travers l’évergétisme, elles humanisent la souveraineté du monarque. En un sens, elles étaient des vrais partenaires du roi dans les affaires intérieures du royaume.                   

 

Les biens des reines :

Grâce aux différents actes d’évergétisme, on peut affirmer que les reines possèdent des biens qui leur sont propres. On a l’exemple de Laodice, épouse de Persée a offert aux Iasiens du blé provenant de ses propres terres.  Ou encore Chryséis, épouse d’Antigone Dôson, qui donna en son nom propre cinq millions de litres de blé et 70000 kg de plomb

 

L’influence des reines :

Philippe Gauthier, dans son ouvrage : « Les cités grecques et leurs bienfaiteurs », a été l’un des premiers à relever que les reines avaient servi de modèle à l’élite civique féminine, dès le II ème siècle av.J.C. En effet les citoyennes membres des clans fortunés de leur cité devaient elles aussi contribuer au prestige familial en accomplissant des actes d’évergétisme. Elles occupaient des magistratures ou effectuaient des liturgies: elles remplissaient des offices religieux à l’égal des hommes et recevaient des honneurs similaires à ceux des bienfaiteurs civiques masculins. . Mais il faut nuancer ces fonctions, en effet elles étaient la plupart du temps contraintes de pallier l’absence de parents masculins dans leur entourage. Ainsi comme les reines, elles devaient apprendre à concilier vie privée et vie publique.

Les reines hellénistiques ont également exercé une influence sur un autre groupe de femmes, les impératrices romaines. Influence qui s’est renforcée avec la mise en place des provinces romaines dans le monde hellénistique

 

 

L’auteur met donc en évidence la complexité du statut des reines dans les familles régnantes du monde hellénistique. Elles sont au cœur des stratégies  dynastiques. Elles deviennent l’élément-clé de la propagande royale. Or le rôle familial des reines influençait leur rôle officiel. Ces reines sont comme écartelées entre leur vie privée et leur vie public.

Ainsi la royauté féminine existait bel et bien en Grèce hellénistique, mais elle n’existait que par référence à la royauté masculine dont elle était en quelque sorte un avatar.

 

Même si elle en parle qu’à la fin de son article, Anne Bielman ne se limite pas uniquement aux reines, contrairement à Sylvie Le Bohec. . En effet les « citoyennes » de la cité sont également mentionnées dans cette étude mais il est dommage qu’elle ne développe pas plus cette notion. Mais on peut tout de même obtenir plus de renseignements en consultant l’ouvrage de Philippe Gauthier, Les cités grecques et leurs bienfaiteurs , 1985 p.74-75

 

 

 

Sylvie Le Bohec

Réflexions sur la place de la femme dans la Macédoine antique

 

 

 

Cet article de Sylvie le Bohec est extrait de l’ouvrage de M.B Hatzopoulos, Rois, cités, nécropoles : institutions, rites et monuments en Macédoine. Parmi les trois lectures effectuées, cet article est le plus complet pour étudier la place de la femme en Macédoine.

 

Grâce à différentes citations de sources littéraires et mentions sur les sources épigraphiques, l’auteur expose son étude en deux principales parties : tout d’abord, elle parle du  rapport existant entre les femmes du palais et la population du royaume. Puis de l’influence des reines  sur la population féminine  du royaume.

En ce qui concerne les sources l’auteur précise bien qu’elles sont peu nombreuses : les femmes royales sont celles que l’on connait le mieux, tandis que les femmes de la cité et des campagnes du royaume macédonien sont les moins connues. Ainsi l’auteur examine la position de la femme macédonienne et voit si elle n’a pas évolué au cours des siècles.

 

Là encore l’auteur éclaircit le rôle des femmes en Macédoine. Elle développe ainsi les quelques expications sur les « citoyennes » que l’on trouvé à la fin de l’article d’Anne Bielman (cf. la fiche de lecture d’Anne Bielman)

 

  • Rapports existant entre les femmes du palais et la population du royaume :

La documentation concernant les femmes est peu abondante. Mais la publication récente de certains nombre d’inscriptions apporte des informations tout à fait intéressantes pour cette étude.

Les affaires publiques et privées du royaume :

-le cas de Cassandre: grâce à un décret découvert, les Cassandréens se rendent auprès de la reine pour des affaires privées et publiques. On peut en conclure que tous citoyens du royaume peuvent se rendre auprès de la reine pour lui exposer des requêtes d’ordre privé comme d’ordre public.

-l’inscription d’Iasos, on apprend que la reine Laodice III  se réfère à son frère le roi « en complet accord avec la volonté de mon frère ».

 

Les actes d’affranchissement :

Grâce aux actes d’affranchissement on découvre qu’une reine peut être garante des affranchis après le roi. Le fait de trouver le nom des reines dans des actes juridiques auprès de ceux de leur époux, cela prouve bien qu’une reine peut collaborer de façon officielle avec son époux pour certaines affaires.

 

Les actes d’évergétisme :

A travers différentes sources littéraires, on apprend, notamment par les sources de Diodore de Sicile, que les reines ont un rôle direct envers la population tout comme le roi mais probablement à un degré inferieur. :

-Phila, épouse de Démétrios Poliorcète, elles révèlent néanmoins un rôle pour l’épouse de Poliorcète vis-à-vis de la population en difficulté.

-Laodice III, épouse d’Antiochos III, verse de l’argent pour les dots des jeunes filles des citoyens pauvres d’Iasos.

-Chryséis, épouse d’Antigone Doson envoie des dons à la cité de Rhodes lors du tremblement de terre vers 227 av.J.C. Les dons qu’elle fait à la cité de Rhodes (100000 médimmes de blé et 3000 talents de plomb) sont mentionnés comme étant distingués de ceux de son époux.

 

Les différentes fêtes :

La reine participe à différentes cérémonies royales, comme le mariage, les funérariums. Il y a peu de sources concernant le rôle joué par les reines lors des fêtes religieuses. Mais grâce aux sources littéraires, comme celle de Diodore de Sicile, qui a laissé une longue description du mariage de Cléopâtre, fille de Philippe II et d’Olympias.

 

  • Rapport entre les femmes du royaume et le palais :

 Les reines :

Grâce aux différentes sources épigraphiques et littéraires, on observe une véritable existence des reines auprès de leur époux.

Ainsi des statues et des peintures sont retrouvées en Macédoine :

- Statue de Thessalonikè, épouse de Cassandre, trouvée non loin de Vergina. Cette statue faisait probablement partie d’un groupe de statues représentant également le reste de la famille royale.

- Peintures, on sait grâce à certaines sources que les reines étaient représentées sur des peintures mais malheureusement  aucune n’est parvenue à    notre époque.

Outre les représentations, la fondation de cités portant le nom de reines est une autre preuve de l’existence de la reine auprès de leur époux.

                        - Thessalonique: fondée par Cassandre, son nom est du à                                                    Thessalonikè.

                        -Stratonikeia en Chalcidique: doit surement son nom à Stratoniké,                                     fille de Démétrios Poliorcète.

                         -Phila fondée par  Démétrios II sur le Pénée en l’honneur de sa mère                                  Phila II.

Dans le domaine littéraire, on a le cas d’Aratos de Soloi qui avait composé plusieurs épigrammes en l’honneur de ces différentes reines. Mais nombre de ces ouvrages ne nous sont pas parvenus.

Des personnages féminins apparaissaient également dans les pièces de théâtre, même si ces rôles étaient joués par des hommes, il n’empêche que les femmes y étaient représentées. Ainsi on a l’exemple Des Bacchantes d’Euripide.

 

 Les femmes des cités et campagnes :

L’auteur utilise une source de Plutarque, Œuvres morales, Vie de Démétrios. Cette anecdote est intéressante pour cette étude, puisqu’elle raconte un fait où une vieille femme demande au roi de l’écouter à plusieurs reprises. Dès lors on comprend que les hommes n’étaient pas les seuls à avoir accès auprès du souverain. Mais il faut tout de même se méfier de l’exactitude de cette anecdote, puisque Plutarque l’a relate à plusieurs reprises et utilise cette fois-ci un homme. Mais on peut tout de même affirmer que les femmes pouvaient dans certaines circonstances approcher le roi.

Des citoyennes macédoniennes sont citées dans un texte trouvé dans le sanctuaire de Dion. Dans ce document, on retrouve le nom des « veuves citoyennes ». On suppose qu’il s’agit du d’un catalogue d’une association religieuse, domaine où les femmes n’étaient pas exclues. Mais quelques discordes sur l’interprétation de ce document en effet Hatzopoulos se demande si on n’aurait pas à faire plutôt à une liste de chefs de famille. Chaniotis pense plutôt qu’il s’agit d’une liste de souscripteurs pour des travaux de construction dans le sanctuaire.

 

 

 

  • L’influence des femmes royales sur la population féminine :

Les biens des femmes macédoniennes :

Grâce à des actes de vente datant du IV ème et du II ème siècle av.J.C. on apprend que des terres ont été achetées à des femmes ou encore par des femmes. Ces documents montrent que des femmes veuves pouvaient être propriétaires. On l’a dit des femmes veuves. Cela veut-il dire que les femmes mariées ne pouvaient pas l’être. L’absence de sources nous empêche de répondre à cette question. Mais si des reines possédaient leur propre bien peut-être en étaient-ils de même pour les « citoyennes » aisées… le cas de ces femmes-propriétaires traduit-il d’une liberté juridique de la femme en Macédoine?? On peut en douter, en effet dans ces actes le nom de ces femmes n’est même pas cité. Elles sont mentionnées par les expressions : « femme d’un tel ».

 

Une place particulière accordée aux femmes de Macédoine :

-Un acte d’affranchissement de Béroia datant du règne de Démétrios II permet d’affirmer dans une certaine mesure que des dispositions juridiques spécifiques relatives au rôle des femmes dans les actes d’affranchissement et limitées aux zones d’influence macédonienne ou antigonide.

-Un règlement sur le service militaire, publié par P. Nigdélis et K. Sismanidis. Dans ce document on fait mention des « parents » d’une recrue  et « du père et de la mère ».

Ainsi même si on ne peut pas parler de liberté totale de la femme en Macédoine, on peut au moins parler d’une certaine autonomie dans des domaines du royaume de Macédoine. Et le rôle actif des reines y a peut-être contribué.

 

 

Comme dit dans les premières lignes de cette synthèse de l’étude de Sylvie Le Bohec, il s’agit de la lecture parmi les trois, à mon avis, la plus complète pour comprendre la place de la femme en Macédoine. L’auteur utilise différents types de sources et reconnait même que grâce à « un certain nombre d’inscriptions », on peut éclaircir la place de la femme en Macédoine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Vues : 508

Pièces jointes :

Réponses à cette discussion

le tableau est plus compréhensible si vous le télécharger en PJ :)

Impeccable Vanessa comme d'habitude.... Continuez sur votre lancée. 

Vous allez devenir la pro du Ning : stockez ici d'abord et tous nous pouvons intervenir. Ensuite vous créerez une page pour votre synthèse. 

Mille mercis pour votre participation aussi active qu'efficace !

Vous trouverez tous la deuxième synthèse ded Anne Bielman à la suite de celle de S.Le Bohec.

Vous pouvez aussi les télécharger en PJ!

Vous trouverez la dernière fiche de lecture de S.Le Bohec à la suite et en PJ. Bonne lecture! :)

RSS

Supporters

Be Creative ! Make your Difference !

Activité la plus récente

Badge

Chargement en cours…

© 2017   Créé par Vincent Mespoulet.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation