La place de la femme en Macédoine

 

 

 

            Grâce à l’étude des genres  pour la période antique, on s’est intéressé au rôle des femmes dans l’Antiquité.

Ainsi des historiens tels que Sylvie Le Bohec, professeure à l’université de Rouen ou encore Anne Bielman Sanchez professeure à la Section d’archéologie et des sciences de l’Antiquité à l’université de Lausanne des études sur le rôle de la femme ont pu être menées.

L’un des buts premiers de ces démarches a été l’éclaircissement sur la place qu’occupaient les femmes dans le royaume de Macédoine. En effet il faut savoir que durant une longue période, on a souvent prêté aux femmes et notamment aux reines macédoniennes un rôle de « créatures dangereuses et scandaleuses »(A.Bielman).

Grâce à l’examen de sources de tous types, littéraires, archéologiques ou encore épigraphiques, on a pu rectifier cette vision négative des reines en Macédoine et prouver qu’elles occupaient même une place dans le royaume. Elles ne sont donc pas cantonnées au rôle de génitrice de futurs héritiers.

Ainsi S. Le Bohec et A. Bielman choisissent toutes deux de s’arrêter sur le cas des femmes en Macédoine. Mais il faut dès lors noter qu’Anne Bielman se focalise sur les reines macédoines mais aussi toutes celles du monde hellénistique : les reines séleucides, épirotes, lagides, thraces. Cette démarche est intéressante pour effectuer une comparaison sur la place des reines dans leur royaume respectif. S. Le Bohec, quant à elle, décide d’exposer également les reines macédoines mais introduit dans son étude le cas des femmes non royales, donc celles vivant en cité ou dans les campagnes. Ces deux approches nous permettent d’avoir une vue d’ensemble de la place de la femme en Macédoine. Puisqu’elles choisissent des plans simples et clairs et qui touchent tous les aspects d’un royaume.

Même si elles ne sont pas nombreuses, les auteurs utilisent toutes deux les sources littéraires, épigraphiques et archéologiques pour obtenir le maximum d’informations possible.

Il faut noter que toutes deux en viennent à la même conclusion : qu’on retrouve bien en Macédoine des dispositifs spécifiques relatives au rôle des femmes et limitées aux zones d’influence macédonienne ou antigonide.

 

 

I/ Statut particulier de la femme en Macédoine :

Comme dit en introduction, les femmes ont droit à un statut particulier puisqu’elles sont présentes dans de nombreux domaines de la vie quotidienne

 A/ Le problème des sources :

Avant tout il faut savoir que les sources littéraires concernant la Macédoine sont peu nombreuses (cf. Tableaux des sources littéraires), en effet le royaume est cité seulement par rapport aux autres Etats. Et lorsqu’elle est sujette de récits, elle est dépeinte sous des traits très négatifs. Mais on peut citer quelques sources littéraires plus objectives telles que Théopompe de Chios, « Philippines », en 58. Il s’agit d’un proche de Philippe II et d’Alexandre le Grand.    

Qu’il s’agisse des articles de S. Le Bohec et de l’article d’Anne Bielman, les deux s’accordent pour le manque des sources. Sources épigraphiques, littéraires ou archéologiques, la conclusion est la même : les sources ne permettent pas une étude complète de la place de la femme en Macédoine. Mais on peut noter l’effort des deux auteurs afin d’apporter dans la mesure du possible des sources de type différent. Ainsi l’un des auteurs les plus cités dans les trois articles est Diodore de Sicile, historien grec du Ier siècle av.J.C. Outre Diodore, l’historien grec Polybe (200-126) est également cité. La citation de ces sources littéraires n’est pas étonnante. En effet Diodore et surtout Polybe, font parti des sources les plus importantes en ce qui concerne l’époque hellénistique.

Outre les sources littéraires, les sources épigraphiques sont citées à plusieurs reprises. Il s’agit principalement de décrets retrouvés dans différentes cités du royaume de Macédoine. On a l’exemple de la cité d’Ephèse, de Cassandre, ou encore d’Iasos.

Troisième type de source : les sources archéologiques, elles ne sont pas nombreuses dans les trois articles. Elles concernent tout de même principalement, des vestiges retrouvés dans la Grande Chambre de Vergina. On a l’exemple de tissu pourpre, ou encore de bijoux d’apparat tels que le diadème ou la couronne retrouvés.

Toute la période antique de l’histoire grecque étant peu fournie en tout type de source, il convient de dire à plus grandes raisons que l’étude de femme en Macédoine ne présente pas beaucoup de sources. De plus une « hiérarchie » s’impose à l’intérieur de cette étude. En effet les femmes royales sont celles que l’on connait le mieux, tandis que les femmes de la cité et des campagnes du royaume macédonien sont les moins connues. C’est ce qui explique pourquoi peu d’informations concernant la place de la femme de la cité et de la campagne en Macédoine, soient mentionnées dans les articles de S. Le Bohec et d’A. Bielman. Ce manque de sources des femmes de la cité et de la campagne signifie-t-elle que ces dernières n’ont pas d’importance dans le royaume et ne joue aucun rôle ? La découverte de nouvelles sources épigraphiques ou encore archéologiques pourra répondre à cette question.

En attendant, certains aspect de la place de la femme en Macédoine ne sont pas éclairés ou ne sont pas encore découverts à cause du manque de sources.

 

B/ Distinction entre femmes royales et femmes des cités et campagnes :

Comme dit plus haut, les femmes royales sont celles que l’on connait le mieux tandis que les femmes de la cité et des campagnes du royaume macédonien sont les moins connues.

Sous l’influence de personnages antiques tels qu’Hérodote, historien grec du Vème siècle av.J.C. qui présentait une complète séparation entre les mondes masculins et féminins, et les Modernes du XIXème siècle, les femmes royales, qu’il s’agisse de reines, de princesses, ou encore de sœurs du roi ont longtemps été cantonnées au rôle unique de procréatrice. Mais grâce aux différentes sources,  épigraphiques notamment,  on a pu redonner aux femmes royales leur vraie place dans le royaume macédonien. Et leur compétence dépasse largement la procréation. Mais les parties suivantes en parleront.

En ce qui concerne les femmes des cités et des campagnes, on dispose de peu de documents. Les femmes des cités et des campagnes de Macédoine avaient deux rôles principaux: elles assuraient la descendance à leur époux et s’activaient dans le cadre d’oikos, c’est-à-dire l’activité domestique et l’éducation des enfants. Mais grâce à des études récentes, on a pu constater que les femmes, même non-royales, peuvent aussi avoir une activité en dehors de ce cadre (celui de l’éducation des enfants et les tâches domestiques) et certaines ont eu un rôle public.

Ainsi les femmes en Macédoine ont un statut particulier, mais la place de la femme en Macédoine est plus connue pour les femmes royales que les femmes des cités et des campagnes.

 

 

II/ Des reines présentes dans les différents aspects du royaume :

Les reines macédoniennes doivent conjuguer leur rôle dans la vie privée et la vie publique. Ainsi elles deviennent de véritable instrument de légitimation dans leur vie privée et un instrument de propagande dynastique dans la vie publique.

Fait intéressant : la description des caractères des reines macédoniennes : Grâce aux sources littéraires, ici l’historien grec Diodore de Sicile (Diodore XIX, 11, 5 ; XIX, 11, 7 ; XIX, 59, 5,4 trad. F. Bizière, Belles Lettres, Paris, 1975), on retrouve des descriptions élogieuses de deux reines macédoniennes : Eurydice et Phila. Pour ce qui est d’Eurydice: elle est dépeinte comme étant ambitieuse. En effet elle réclame la royauté face à Olympias la mère d’Alexandre. Elle est morte dignement à 20 ans. Quant à Phila on la décrit comme étant doté d’une intelligence exceptionnelle.

A/ Leur rôle privé : instrument de légitimation :

Le mariage est une institution importante en Macédoine et il faut savoir que la polygamie est une véritable tradition chez les Macédoniens. Le but de tous ces mariages sont multiples, en effet lorsqu’il s’agit de mariages avec des étrangères, comme le cas de Deidame sœur de Pyrrhos, roi d’Epire, qui épouse Démétrios Poliorcète, le but est avant tout diplomatique, il s’agit d’une entente entre le royaume de Macédoine et celui d’Epire. L’autre but des mariages est de donner au roi un choix suffisant d’enfants mâles pour lui succéder.

Ainsi même dans le domaine privé les reines macédoniennes ont un rôle politique important. On a l’exemple de la reine Eurydice (322-317) considérée comme une des plus grandes reines du royaume macédonien, était mentionnée à plusieurs reprises dans des documents officiels. De plus l’exemple de Cléopâtre illustre bien le rôle que prennent les reines dans le royaume. Fille d’Olympias et sœur d’Alexandre, elle fut une figure prééminente en Macédoine mais cette dernière exerça la régence durant l’absence de son mari et oncle Alexandre Ier, roi des Molosses.

De plus, leur appartenance avec Philipe II et Alexandre le Grand ont fait d’elles les représentantes de la royauté macédonienne. Ainsi Cassandre épouse Thessalonikè, fille de Philippe II.  Ainsi ces reines étaient de véritables pions  dans le jeu des Diadoques, puisqu’elles permettaient à ces derniers de marquer la reconnaissance mutuelle du pouvoir des Diadoques et leur domination sur leurs vassaux. Sylvie Le Bohec  dans « Les reines de Macédoine de la mort d’Alexandre à celle de Persée »  explique  l’importance qu’ont les reines macédoniennes notamment dans le domaine de polygamie. Pour ce qui est de la polygamie, on a vu avec S. Le Bohec que cette pratique est répandue dans le royaume macédonien. Pour tout dire il s’agit d’une prérogative du roi. Mais cette polygamie pose problème, en effet elle donne aux reines plus de pouvoirs notamment sous le règne de leur fils que sous celui de leur époux, puisque leur pouvoir n’est plus contesté par une autre femme.

Grâce aux différentes sources épigraphiques et littéraires, on observe une véritable existence des reines auprès de leur époux. Ainsi des statues et des peintures sont retrouvées en Macédoine : statue de Thessalonikè, épouse de Cassandre, trouvée non loin de Vergina. Cette statue faisait probablement partie d’un groupe de statues représentant également le reste de la famille royale. On a également des peintures représentant des reines  qu’on connait grâce à certaines sources mais malheureusement aucune n’est parvenue jusqu’à notre époque. Outre les représentations, la fondation de cités portant le nom de reines est une autre preuve de l’existence de la reine auprès de leur époux. L’exemple de Thessalonique, citée fondée par Cassandre et portant le nom de son épouse Thessaloinkè. On dispose également de Stratonikeia en Chalcidique cette cité doit surement son nom à Stratoniké, fille     de Démétrios Poliorcète. Enfin la cité de Phila a été fondée par Démétrios II sur le Pénée en l’honneur de sa mère Phila II.

B/ Leur rôle public : instrument de propagande dynastique 

Il faut savoir qu’avant Alexandre Le Grand, dans la dynastie argéade, les reines ne portaient pas de titre royal. A partir de la période des Diadoques (323), on modifie cet usage. Ainsi à la reine antigonide Phila, épouse de Démétrios Poliorcète, le titre royal de reine lui         est attribué dans un document daté de 306 av. J.C.

L’octroi d’un titre officiel aux épouses des rois hellénistiques est une innovation: il consacre la reconnaissance de la royauté féminine à côté de la royauté masculine.

Le rôle public des reines concerne pratiquement tous les domaines du royaume de Macédoine.

Dans le domaine littéraire, on a le cas d’Aratos de Soloi qui avait composé plusieurs épigrammes en l’honneur de ces différentes reines. Mais nombre de ces ouvrages ne nous sont pas parvenus.

Des personnages féminins apparaissaient également dans les pièces de théâtre, même si ces rôles étaient joués par des hommes, il n’empêche que les femmes y étaient représentées. Ainsi on a l’exemple Des Bacchantes d’Euripide.

Dans le domaine cultuel, les reines étaient sujettes à des fêtes, des cultes ou encore des honneurs. Le fait qu’on instaure des cultes en l’honneur de ces reines dénotent l’estime qu’on avait d’elles.  Ainsi le port d’insignes royaux identiques pour le roi et la reine, tels que le diadème et la pourpre, reflétait leur égale dignité. La découverte archéologique d’un tissu pourpre dans l’antichambre de la Grande Tombe de Vergina, nom moderne d’Aigai où se trouve le grand sanctuaire macédonien, et la découverte de bijoux d’apparat (couronne et diadème) laisse supposer que les reines avaient une importance dans le royaume puisqu’elles portent les même habits que le roi.

Les reines ont reçu elles aussi des honneurs, comme le confirme les différentes sources épigraphiques, l’auteur expose différents exemples : Phila: elle reçut un téménos, il s’agit d’un espace sacré et délimité par une enceinte,  en Attique, il contenait un temple et des statues et la reine était assimilée à la déesse Aphrodite. Ou encore Phila II un autre téménos lui est consacré à Samos, île de la mer Egée.

      Dans le domaine militaire et diplomatique Les reines y jouent également un rôle on a l’exemple de Kynané, femme d’Amyntas IV, qui n’hésite pas à lever une armée contre le roi Antipater en 322. Ou encore d’Adéa-Eurycide, épouse de Philippe II, qui proclame Cassandre régent du royaume en 317. Enfin Olympia, la mère d’Alexandre, c’est la troisième femme qui est à  la tête d’une armée.

Dans le domaine « public », A travers l’évergétisme, elles humanisent la souveraineté du monarque. En un sens, elles étaient des vrais partenaires du roi dans les affaires intérieures du royaume. Grâce aux différents actes d’évergétisme, on peut affirmer que les reines possèdent des biens qui leur sont propres. On a l’exemple de Laodice, épouse de Persée, qui a offert aux Iasiens du blé provenant de ses propres terres.  Ou encore Chryséis, épouse d’Antigone Dôson, qui donna en son nom propre cinq millions de litres de blé et 70000 kg de plomb. De plus les reines ont deux responsabilités: elles ont un rôle dans les actes d’affranchissement puis elles interviennent dans les affaires que les habitants viennent leur soumettre qu’elles soient publiques ou privées.

C/ Comparaison avec d’autres royaumes hellénistiques :

Il est intéressant de comparer la place de la femme dans les autres royaumes hellénistiques. Ainsi Anne Bielman compare avec les royaumes séleucides, épirotes ou encore attalides.

Dans l’ensemble on observe une situation différente dans le rôle de la femme.

Ainsi dans le domaine privé, les reines séleucides. Elles représentent « la clé du pouvoir royal ».  L’exemple de Laodice VI, fille d’Antiochos III cinquième roi séleucide, est bien représentatif de la situation des reines séleucides. En effet cette dernière est mariée à son beau-fils Antiochos le Jeune puis à ces deux frères cadets par la suite. Ainsi celui qui épousait cette princesse se désignait comme l’héritier en titre. De plus tout comme les reines macédoniennes, les reines séleucides avaient un véritable rôle diplomatique. En effet les filles du roi étaient données en mariage à des rois-vassaux, ainsi elles servaient de « traits d’union politique entre le pouvoir central et les lignées royales assujetties. ». Ainsi leur rôle est renforcé dans le royaume séleucide.

En ce qui concerne le rôle privé des reines séleucides, il faut savoir quele lien qui unissait le roi et la reine est important pour la stabilité du royaume. Ce n’est pas pour rien qu’Antiochos III fit proclamer par décret dans tout le royaume l’instauration d’un culte pour son épouse Laodice V. En effet cette dernière vivait depuis 18 ans « aux cotés [du roi] avec tendresse et sollicitude ».

Pour ce qui est des  reines attalides son rôle conjugal et maternel a été l’un des piliers de la propagande dynastiques des attalides. Le cas de la jeune reine Apollonis. Cette épouse d’Attale Ier fit élever au rang de vertu conjugale et maternelle et de modèle à suivre. D’ailleurs la cité d’Athènes loue le couple royal pour l’éducation qu’il avait donné à leurs fils. Ainsi chez les Attalides, la famille est élevée au rang de valeur fondamentale, voire de pierre angulaire du royaume. Ce qui est tout de même loin d’être le cas pour les reines macédoniennes.       

Ainsi grâce aux différentes sources, on peut définir les grandes lignes du rôle des reines macédoniennes à l’époque hellénistique. Elles sont présentes dans les différents aspects du royaume et doivent jongler entre leur rôle public et privé.

 

 

III/ Une influence directe des reines sur la population féminine :

Il faut savoir que les reines ont fortement influencé la population féminine et dans plusieurs domaines de la vie quotidienne. Cette influence s’est étendue au-delà du monde hellénistique.

A/ Les possessions des femmes macédoniennes :

Grâce à des actes de vente datant du IV ème et du II ème siècle av.J.C. on apprend que des terres ont été achetées à des femmes ou encore par des femmes. Ces documents montrent que des femmes veuves pouvaient être propriétaires. On l’a dit des femmes veuves. Cela veut-il dire que les femmes mariées ne pouvaient pas l’être. L’absence de sources nous empêche de répondre à cette question. Mais si des reines possédaient leur propre bien peut-être en étaient-ils de même pour les « citoyennes » aisées… le cas de ces femmes-propriétaires traduit-il d’une liberté juridique de la femme en Macédoine? On peut en douter, en effet dans ces actes le nom de ces femmes n’est même pas cité. Elles sont mentionnées par les expressions : « femme d’un tel » etc.

B/ Une certaine autonomie pour les femmes :

Une place particulière accordée aux femmes de Macédoine : ainsi un acte d’affranchissement de Béroia datant du règne de Démétrios II permet d’affirmer dans une certaine mesure que des dispositions juridiques spécifiques relatives au rôle des femmes dans les actes d’affranchissement et limitées aux zones d’influence macédonienne ou antigonide. On a également un règlement sur le service militaire, publié par P. Nigdélis et K. Sismanidis. Dans ce document on fait mention des « parents » d’une recrue  et « du père et de la mère ».

Sylvie Le Bohec mentionne une source littéraire, celle de Plutarque « Œuvres morales, Vie de Démétrios » Cette anecdote est intéressante pour cette étude, puisqu’elle raconte un fait où une vieille femme demande au roi de l’écouter à plusieurs reprises. Dès lors on comprend que les hommes n’étaient pas les seuls à avoir accès auprès du souverain. Mais il faut tout de même se méfier de l’exactitude de cette anecdote, puisque Plutarque l’a relate à plusieurs reprises et utilise cette fois-ci un homme. Mais on peut tout de même affirmer que les femmes pouvaient dans certaines circonstances approcher le roi.

Ainsi même si on ne peut pas parler de liberté totale de la femme en Macédoine, on peut au moins parler d’une certaine autonomie dans des domaines du royaume de Macédoine. Et le rôle actif des reines y a peut-être contribué.

Philippe Gauthier, dans son ouvrage : « Les cités grecques et leurs bienfaiteurs », a été l’un des premiers à relever que les reines avaient servi de modèle à l’élite civique féminine, dès le II ème siècle av.J.C. En effet les « citoyennes » membres des clans fortunés de leur cité devaient elles aussi contribuer au prestige familial en accomplissant des actes d’évergétisme. Elles occupaient des magistratures ou effectuaient des liturgies: elles remplissaient des offices religieux à l’égal des hommes et recevaient des honneurs similaires à ceux des bienfaiteurs civiques masculins. . Mais il faut nuancer ces fonctions, en effet elles étaient la plupart du temps contraintes de pallier l’absence de parents masculins dans leur entourage. Ainsi comme les reines, elles devaient apprendre à concilier vie privée et vie publique.

Ainsi même si on ne peut pas parler de liberté totale de la femme en Macédoine, on peut au moins parler d’une certaine autonomie dans des domaines du royaume de Macédoine. Et le rôle actif des reines y a peut-être contribué.

 

C/ Une influence qui s’étend au-delà de la Macédoine :

Les reines hellénistiques ont également exercé une influence sur un autre groupe de femmes, les impératrices romaines. Influence qui s’est renforcée avec la mise en place des provinces romaines dans le monde hellénistique.

Ainsi les reines hellénistiques ont constitué, en effet, une source d’inspiration unique pour les grandes dames romaines.

D’ailleurs pour plus de renseignements sur le rôle des femmes dans les dynasties romaines, il y a l’ouvrage de P. Bonte « Epouser au plus proche. Inceste, prohibitions et stratégies matrimoniales. », Ou encore R. Hawley et B. Levick « Women in Antiquity : New Assessments ». Il y a également une thèse en cours sur ce sujet : « Des reines hellénistiques aux impératrices romaines : étude sur le pouvoir au féminin dans l’Antiquité. »  à l’université de Lausanne par G. Duchoud.

 

En conclusion, les deux auteurs prouvent bien que les reines macédoniennes n’ont pas un rôle de figurantes dans le royaume. Elles ont une importance et tiennent des rôles particuliers dans la Cour, des rôles qui touchent tous les domaines de la vie quotidienne en Macédoine.

Ainsi qu’il s’agisse des femmes royales ou des femmes des cités et des campagnes, elles ont un rôle certain dans le royaume. . Mais il faut tout de même nuancer, en effet la reine  n’avait pas le droit de tutelle, épitropeia en grec, de plus la royauté féminine existait bel et bien en Grèce hellénistique, mais elle n’existait que par référence à la royauté masculine.

L’influence des reines a contribué à l’autonomie de la population féminine. Cette influence s’est étendue sur tout le monde hellénistique jusqu’aux différentes dynasties romaines.

On le constate  à travers ces lectures, il s’agit d’un sujet qui mérite d’être approfondie.

 

 

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Le plan est en PJ. Bonne lecture

J'ai fait également des tableaux contenant les sources littéraires des trois lectures en PJ.

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