Fiches de lectures :

LA TRANSHUMANCE

 

- Pierre Cabanes

« La montagne lieu de vie et de croissance en Epire et en Illyrie méridionale dans l’antiquité » Pau 1990, pp. 69-83

 

 

Pierre Cabanes, historien spécialiste de l’Antiquité – en particulier de la Grèce du nord – et Professeur d'histoire de l'Antiquité à l'université Paris-X-Nanterre, dirige la mission archéologique et épigraphique française en Albanie dont il est le fondateur.

 

La péninsule balkanique est plus riche en montagne qu’en plaine. Elle se distingue radicalement de la polis et du modèle athénien, car l’on qualifie ce territoire comme « terre d’ethnos et de villages »

 Le déterminisme géographique y très important du fait du relief ainsi que  detous les éléments liés au climat et à la végétation.

La question posée par l’auteur est de savoir si les lieux de rencontres interethniques, comme la montagne, se révèlent des lieux de culture populaire.

 

I : LA MONTAGNE : LIEU DE VIE.

 

La zone géographique est une zone montagneuse, dont la principale est la chaine des Pinde ; les crêtes calcaires peuvent y culminer jusqu'à 2000m d’altitude. De part et d’autre de la chaine sont les régions de plaines :

- A l’Est, se situe la plaine de Thessalie et la plaine de Basse Macédoine.

- A l’Ouest, se situe la plaine de Kavaja  et Muzéqé (dans l’Albanie actuelle) ainsi que la plaine d’Arta (au sud de l’Epire).

Toute cette vaste zone de monts et de plaines est soumise à de fortes précipitations (+ de 1m/an contre 396mm pour Athènes). C’est un climat humide et froid, les plaines y sont vastes et herbeuses (tandis que les plaines côtières jaunissent l’été). Très rapidement dans cette région les hommes vont adopter un mode de vie pastoral fondé sur la transhumance. Mode de vie qui se calque sur les saisons, lesquelles rythment et déterminent les déplacements.

Pendant l’Antiquité, la vie pastorale implique d’habiter en montagne l’été et dans les basses plaines l’hiver. Plaines ouù pourtant les risques de fièvres et de malaria pour les troupeaux et leurs gardiens sont plus fréquents qu’en altitude  (surtout dans la plaine de Myzéqé).

L’étude sur les modes de vie pastoral durant l’antiquité se fonde sur une étude d’un village du nom de Vista, habité du IXe au IVe  siècle av J.-C., ainsi que sur l’étude de Samarina en 1968 pour pouvoir  comprendre de quoi se rapproche le plus le cadre de vie des populations dans les régions d’Epire et d’Illyrie méridionale.

 

L’article insiste bien sur le fait de ne pas se représenter ce mode de vie pastoral de la Grèce du nord, comme une organisation primitive. C’est surtout le meilleur système adapté aux conditions de vie, climatiques et géographiques de la région.

Dans la guerre qui opposa Pompée aux pirates, le Romain Varron dans son Livre II du traité sur l’économie rurale présente le système épirote comme « un model d’élevage ovin ».

Une méthode considérée comme très efficace puisque le but est de s’en inspirer pour l’introduire par la suite en Italie et dans les zones méditerranéennes de l’empire romain.

La technique épirote comporte 2 procédés :

- Production laitière : élevage domestique.

- Production de viande : élevage transhumant mieux adapté. Les vastes zones permettent d’ailleurs d’avoir des lieux de pâturage différents l’ été de l’hiver.

L’agnelage (naissance des agneaux) est réalisé à l’automne (pratique elle aussi différente car elle s’accomplit en général au printemps). La pratique épirote s’explique par le fait qu’il serait beaucoup trop problématique pour les bergers de faire parcourir des kilomètres a leurs brebis en période de lactation. La fécondation en juillet permet la naissance en décembre, âpres la descente de l’alpage plus facilement réalisable.

 

En Epire et Illyrie méridionale, le mode vie pastoral détermine une économie et une organisation de la société radicalement différente des régions sédentaires. C’est ce qui explique en partie le cadre de vie de l’ethnos, ou les communautés familiales et villageoises doivent se consulter et s’entendre pour réglementer l’organisation et le déplacement des troupeaux.

La population des cette grande région est donc peu dense et y pratique un élevage extensif du sol. Il y aura cependant un changement qui s’effectuera au cours du IVe siècle, changement lié à une croissance démographique et aux besoins de nouvelles ressources qui vont faire qu’une partie de la population va se  sédentariser.

 

Pierre Cabanes se réfère aussi aux auteurs de l’Antiquité qui font référence à cette croissance démographique :

- Strabon : souligne la vitalité et la fidélité à la royauté du peuple épiroten entre autres.

- Arrien :  au travers du discours d’Alexandre à Opis, qui met en avant l’action volontariste de son père Philippe en matière de sédentarisation des populations.

- Justin : souligne la même action volontariste de Philippe II, et le compare aux déplacements des élevages transhumants

- Diodore de Sicile : souligne un phénomène analogue sous Cassandre en Acarnanie, pour des raisons militaires.

 

Ces différents témoignages marquent une évolution au IVe siècle qui se traduit par une sédentarisation des populations, mais l’auteur insiste sur le fait qu’il ne s’agit en aucun cas d’une dépopulation totale de la montagne. Elle garde son activité et son mode de vie ainsi qu’un refuge en période de troubles mais ne constitue plus l’unique ressources des populations.

 

 

II : LA MONTAGNE LIEU DE COMMUNION DES ETHNE.

 

Dans cette partie il est question pour l’auteur de montrer que la montagne est une « terre de rencontre, et de vie commune », plus qu’une barrière géographique entre les hommes.

Preuve en est qu’il est difficile de savoir dans le cadre de l’appartenance à un ethnos s’il se rattache à un ensemble épirote, illyrien ou macédonien.

Plutarque montre bien en effet par le ralliement de l’armée macédonienne à Pyrrhos en 288 qu’il y a bien un lien entre ethnè.

Le fait que la montagne ait  un déterminisme sur les hommes qui au final sont peu concernés par le cadre politique des Etats politiquent desquels ils dépendent. Leur cadre de vie reste identique.

 

 

 

 

III : LA MONTAGNE LIEU DE CONSTRUCTION DE LA CULTURE POPULAIRE.

 

Troisième partie ou l’auteur tente de répondre à sa problématique. La période antique pose toujours le problème des sources. On procède donc par comparaison avec des époques antérieures mais au cadre de vie identique. Il s’agit d’analyser quelle est la part de la montagne et de la transhumance dans les mémoires locales.  Pierre Cabanes prend l’exemple de la guerre de Troie et la manière dont ces parties de l’histoire s’intègrent dans les mythes traditionnels et y sont revus et corrigés à l’infini.

Exemple de la région de Bouthrôtos par  Euripide dans le livre Andromaque en 420, ou Molossos y est presenté comme le fils d’Andromaque et de Pyrrhos, enfant qui sera sauvé par Pelée (père d’Achille), d’où le lien supposé entre Troie et l’Epire.

Beaucoup de sources épigraphiques font référence à la tradition troyenne en Epire et Illyrie, où la guerre de Troie y est célèbre pour sa valeur mythique liée à celui de la fondation.

 

Conclusion :

La montagne est donc le lieu de vie le plus adapté aux populations épirotes, bien plus que les plaines souvent lieux de maladies. C’est surtout un lieu de rencontre entres les différentes populations qui, dans leur grande majorité, restent assez insensibles aux variations et fluctuations politiques.

 

 

 

 

 

- Christophe Chandezon

L'élevage en Grèce (fin Ve avant J.-C. - 1er siècle après J.-C). l'apport des sources épigraphiques, Bordeaux  2003, pp. 391-399

 

 Le problème de la transhumance

 

Christophe Chandezon, Professeur d’histoire grecque à l’université Montpellier III, est spécialiste de l’agriculture et de la société rurale en Grèce ancienne, de l’épigraphie ainsi que de l’élevage.

Dans son livre « l’élevage en Grèce fin du Ve – Ier siècle apres JC » , un chapitre porte sur les problèmes que soulève le phénomène de la transhumance, et notamment sur son existence dans l’Antiquitité grecque. Le chapitre se divise en quatre parties : une première revient sur les différents débats sur la transhumance, la deuxième redéfinit précisément ce qui signifie transhumance, et les dernières parties se terminent sur les sources littéraires et épigraphiques.

La question que pose l’auteur au travers de ce chapitre est de savoir si l’on peut parler de transhumance en l’excluant de sa composante géographique et historique  dans sa diversité.

 

I : Le débat

 

Jusqu'à récemment, il n’était tout simplement pas question de débat puisque l’existence de la transhumance ovine en Grèce n’était pas imaginable. C’est l’article de Stella Georgoudi qui va permettre le commencement d’un débat en 1974.

La preuve que la question est loin d’être admise car en 1988, Hodkinson, un chercheur, explique dans un article que la Grèce n’a jamais connu de transhumance mais des déplacements à petite échelle. Le débat sur la transhumance porte surtout sur la place de l’élevage dans l’économie agraire. Pour répondre à la question posée en introduction, l’auteur propose de donner une définition de la transhumance et du contraste dans la réalité des faits et de l’imaginaire du chercheur.

 

II : La définition de la transhumance

 

Chandezon revient sur la différence entre nomadisme et transhumance en nous expliquant, sur le modèle de Georgoudi, que la transhumance n’implique pas l’ensemble d’une population mais seulement les bergers, et que la transhumance implique obligatoirement le fait que la population qui reste pratique une activité autre que l’élevage. A partir de là, il est vrai que la forme de vie qui sépare la transhumance des autres activités pastorales devient compliquée. La distance parcourue par le bétail est l’un des principaux critères de différenciation, l’autre facteur tient compte du nombre de têtes de bétail par troupeau en prenant comme modèle la transhumance provençale du XXe siècle, qui compte souvent de 20 000 à 300 000 têtes environ. La question qui se pose alors pour la Grèce antique est de savoir si les distances parcourues et la quantité du bétail sont suffisants pour parler de transhumance.

 

III : Attestation littéraire de la transhumance à longue distance  du monde grec ancien

 

Une foi encore c’est Œdipe roi de Sophocle qui sert de référence pour comprendre la transhumance sous l’Antiquité. Dans le livre, la description du mode de vie pastoral est assez bien détaillée : en hiver, les troupeaux d’un riche propriétaire restent en plaine (en l’occurrence le roi Laïos) et en été, un berger salarié est chargé d’emmener le bétail vers les pâturages de montagnes. Mais la question est de savoir si ce témoignage est suffisant pour parler de transhumance ?

 

 

IV : Les sources épigraphiques et la transhumance

 

L’auteur nous informe qu’il n’existe aucune source épigraphique qui prouve à 100% l’existence de la transhumance, excepté le traité des deux cités de Hyerapytne et Priansos, il tente de démontrer que la vraie transhumance était inconnue d’une bonne partie du monde grec. Dans cette partie C.Chandezon revient sur l’obstacle potentiel au développement de la  transhumance que constituaient les frontières politiques dans la Grèce ancienne.

 

L’intérêt de ce chapitre est qu’il explique assez bien les conditions politiques et sociales spécifiques qui doivent être réunies pour pouvoir parler de transhumance. Le problème, en ce qui nous concerne, est que cet ouvrage traite de l’élevage en Grèce ancienne comme son nom l’indique, mais que le cas de la Grèce du nord (du moins dans ce chapitre) n’est pas abordé.

De plus à la lecture de ce chapitre comme nous l’explique l’auteur, plus on entreprend des recherches sur la transhumance moins on en sait, car l’angle de Christophe Chandezon est assez pessimiste quant à la véracité de l’existence même de la transhumance dans l’Antiquité grecque, du moins en fonction de la définition qu’on lui accorde.

 

 

 

 

 

- Stella Georgoudi

« Quelques problèmes de la transhumance dans la Grèce ancienne » REG 1974, pp. 155-185

 

 

Le texte rappel en introduction que la transhumance, propre à l’univers méditerranéen, est un phénomène bien connu des historiens depuis longtemps. Et que c’est une pratique très implantée en Grèce du nord.

Cette région marquée par les fortes précipitations et donc par un lit végétal important permet un élevage extensif. Le rythme des déplacements des troupeaux est marqué par les changements saisonniers déterminant les lieux de pâturage, alternativement entre plaines, plaines côtières, et montagnes qui fournissent aux bêtes la production de végétaux indispensables aux troupeaux.

L’auteur explique de la transhumance en Grèce où le critère est le domicile principal du propriétaire et du bétail, prend la forme de « transhumance inverse », c'est-à-dire qu’elle s’effectue d’amont en aval l’hiver. Mais il souligne aussi que la plupart des allusions à la transhumance chez les historiens se limite souvent à cette description assez vague.

La question qu’elle soulève est de savoir s’il est possible de « dépasser ces remarques et mieux définir ce phénomène en relevant les manifestations dans le monde ancien. »

La méthodologie s’effectue en exploitant les données de la Grèce moderne.

A l’époque archaïque, la possession de bétail constitue une réelle richesse « des biens mobiles qui se multiplient ». De plus elle constitue une monnaie d’échange avant l’apparition de la monnaie. On y pratique l’artisanat du cuir et de la laine. La circulation des bêtes et leur vente comme marchandise aux cités est une preuve de l’importance de l’activité pastorale, ainsi que l’existence de la pratique du sacrifice est une preuve de la forte capacité d’élevage de la Grèce ancienne.

 

 

 

Le problème est que malgré toutes ces preuves il y a toujours peu d’études sur l’activité pastorale et son mode de vie.

On trouve les premières référence a ce mode de vie à l’époque hellénistique ou la représentation pastorale est omniprésente, mais toujours vue par l’homme de la ville, le poète et s’y mélangent mythes et réalités. L’auteur donne l’exemple de Daphnis et Chloé par Longus ou les protagonistes sont des bergers, mais où il est surtout question d’amour plus que de mode de vie, avec une idéalisation de la nature exagérée. Aristote y fait référence aussi dans l’Histoire des animaux, mais cela reste avant tout un ouvrage zoologique.

Stella Georgoudi déplore le fait que pour le monde grec il n’existe pas l’équivalent des Res Rusticae latines qui traitent du monde de l’élevage et de ses pratiques. Donc beaucoup de lacunes.

Ensuite, l’auteur précise que la transhumance est un mode de vie impliquant la sédentarisation d’une partie des villageois pour le reste des activités d’élevage, le village étant le lieu où rentre le bétail. Les bergers sont donc ceux qui sont principalement concernés par les déplacements. Il ne faut pas confondre avec le nomadisme qui implique les déplacements de toute une population. Ces villages pratiquent une agriculture en jachère qui bénéficie du fumier.

Autre problème, le fait du vocabulaire technique. En effet il n’existe pas de termes en grec ancien pour définir la transhumance. Il existe selon les textes des termes différents pour les pâturages d’été, d’autres textes parlent de pâturage forestier, fluvial, pâturage à chevaux, à brebis, à bœufs etc. L’auteur appelle donc à établir une typologie des pâturages du monde grec. Mais on peut tout de même établir deux catégories principales :

- les pâturages montagnards en été

- les pâturages de basse-plaine en hiver.

La Grèce pratique surtout l’élevage du petit bétail, typique du monde méditerranéen : moutons et chèvres.  Le petit bétail est en effet plus adapté aux marches et aux longues distances, ainsi qu’à leur capacité à trouver leur subsistance dans les pâturages de montagnes.

Parmi les sources littéraires :  un passage du célèbre Œdipe roi de Sophocle. Le berger corinthien qui remet Œdipe à son roi pratique la transhumance ou il fait paître son bétail durant  six mois « du printemps jusqu'à l’arcture » dans les pâturages du mont Cithéron. L’importance du texte tient à la description du temps passé dans la montagne. Selon le calendrier d’Euctemon, le lever de l’étoile d’arcture marque la fin de l’hiver, qui correspond à l’équinoxe du printemps entre le 6 et le 25 mars. Donc un mode de vie ou saisons et astres imposent leur rythme puisqu’ils règlent la vie des paysans.

L’auteur, au travers d’exemples de textes anciens, arrive à simplement montrer que la transhumance est « un mouvement régulier qui renvoient berger et troupeaux  vers les hauteurs en période de chaleur, ou vers les abris bas en période hivernale ». Et elle  relève que les vastes territoires favorisent les migrations pastorales qui peuvent cependant être interrompues par des frontières politiques constituant de véritables obstacles infranchissables (ce qui s’oppose à la thèse de P.Cabanes).

S.Georgoudi cite une source épigraphique, une convention entre deux cités  limitrophes (Myania et Hypnia), document dans lequel il est question du lieu de passage des moutons des deux cités. Ce texte nous renseigne sur la tonte des moutons qui est toujours précédée d’un bain des bêtes dans la mer. Mention très importante aussi sur les chorophylaques qui sont les gardes-frontières des deux cités, et sont chargés de la surveillance des pâturages communs.

Un document similaire du IIIe siècle concerne deux villes éoliennes (Aigai et Olympos). Deux clauses principales : l’une sur les bergers qui rentrent sur le territoire d’Olympos, la deuxième sur les bêtes exemptées d’impôts. Une autre inscription, « loi sacré » du sanctuaire d’Aléa à Tegée, nous renseigne sur le caractère de certains troupeaux considérés comme sacrés et seuls ayant droit de pâturer sur le sanctuaire. Ce sont les troupeaux d’autres sanctuaires mais qui prouvent l’existence de la transhumance porcine en Arcadie pays de glands.

L’auteur termine sa démonstration en expliquant le fait que, dans l’histoire, nombre de conflits entre communautés ont éclaté pour raisons d’usage et possession de pâturage. Conflits qui peuventt même dégénérer en une guerre comme celle entre les Phocidiens et les Locriens pour la région du Parnasse où les deux ethnè envoyait paitre leurs troupeaux. Ce conflit débouchera sur la guerre de Corinthe.

 

Elle conclue évidement par le fait qu’un tel projet se limite forcement à la pauvreté des sources et regrette de ne pouvoir approfondir la question fiscale du droit de pâture, de la possible existence d’associations pastorales et surtout de la connaissance des migrations saisonnières :  points de départ et d’arrivés et habitations permanentes.  Cela permetrait en effet une cartographie de la transhumance en Grèce ancienne.

 

 

 

 

 

 

 

- Pierre Cabanes

« L’Epire de la mort de Pyrrhos (272-167 av JC) à la conquête romaine. » Paris 1976, pp. 490-494

 

Vie économique de l’Epire.

 

L’étude des structures sociales de l’Epire se révèle difficile à cause de la pauvreté des sources, il en va de même en ce qui concerne l’activité des habitants. Pierre Cabanes déplore le manque d’intérêt des chercheurs sur la question, le fait que le développement économique de l’Epire est surtout connu grâce à la numismatique, la circulation monétaire est souvent le seul indice sur la question.

 

Elevage et agriculture.

 

La vie rurale concerne la majorité de la population épirote sous l’Antiquité, la vie des populations étant rythmée par les migrations saisonnières du bétail et des paysans. Un ensemble géographique où se complètent les hautes terres de la chaine des Pinde et les basses terres côtières. Le résultat est qu’une partie de la population est donc concernée par les déplacements annuels. Le reste de la population, sédentaire, se livre à aux récoltes vivrières indispensables et au commerce. Cependant dans les régions plus basses, les champs sont très importants et la main-d’œuvre est masculine

 L’auteur cite P. Lévêque qui explique les efforts déployés par Pyrrhos pour « encourager l'amélioration des races bovines et ovines par une sélection sévère ».

 

 

 .Sources littéraires :

-Pindare chantait  « la vaste Epire où les hautes montagnes, pâturages aimés

des bœufs  s'étendent depuis Dodone jusqu'à la mer ionienne ».

-César vantait la qualité et la quantité du mouton épirote.

- Héraclide : « Chez les Athamanes, les femmes travaillent la terre, les hommes s’occupent du pâturage du bétail ».

 

Pierre Cabanes, au travers du récit de Phylarchos, revient sur l’intérêt que portaientt Pyrrhos et son fils Alexandre II à l’élevage du bétail, ainsi que d’une variété spécifique de fèves poussant à l’état sauvage (en Thesprotie) dont Alexandre encouragea fortement la culture mais qui fut interrompue par la suite avec l’assèchement des marais. L’intérêt vient du fait qu’il nous montre le souci et l’implication qu’ont pu avoir les chefs d’état dans l’activité rurale. Preuve qu’elle était bien l’un des principaux moteurs de l’activité épirote, tant sur le plan économique que social.

Après la victoire de l’armée romaine lors de la bataille de Pydna, la région fut vidée de ses habitants et les cités étaient en ruine.

 

Géographie :

- Montagnes, en majorité, qui se différencient par l'altitude, l'exposition et la nature du sol : ce qui détermine la variété du type de végétaux disponibles pour le bétail et les paysans.

-  Plaines côtières souvent marécageuses et malsaines,

-  Bassins fertiles comme la vallée du Drino, la plaine d'Ambracie ou la plaine de Jannina.

 

Autant de conditions naturelles qui, pour l’auteur (en tout cas il le suppose), ont développé la vie des habitants vers un mode de vie  en autarcie et à la culture vivrière : une terre pour le labour, une prairie pour les bêtes et un champ de vigne.

Les sources sur la production de céréales de blé en Epire  peuvent être parfois contradictoires :

- Lycurgue dénonce le commerce de Léocrate qui achetait du blé en Epire à la reine Cléopâtre, le transporte à Corinthe vers 330. L’auteur pense donc que l'Epire est un pays exportateur de blé avec une reine qui négocie la vente.

- Cyrène fournit du grain au royaume de Cléopâtre et d'Olympias : qui toujours d’après l’auteur montre que l'Epire a bénéficié de deux livraisons successives et donc a recours aux importations.

- César affirme lui que Pompée comptait sur le blé de Thessalie. César toujours nous explique que l’armée romaine en Thessalie se ravitaillait d'orge, de haricots, de viande de mouton et d'une racine quod appellatur chara qu'ils utilisaient,  pour fabriquer du pain avec du lait. En rappelant que cela concerne une situation post-bataille de Pydna, donc dans une région ravagée, ce qui laisse supposer qu’avant l’agriculture devait y être beaucoup plus importante.

Tite Live (fin de la troisième guerre de Macédoine) : la Chaonie  livre 20 000 boisseaux de froment et 10 000 d'orge aux troupes romaines. (vente de surplus ou réquisition ? impossible à savoir).

 

Pierre Cabanes conclue en expliquant que les autres aspects de la vie rurale sont tout simplement insaisissables et qu’il faut dorénavant mettre l'accent sur l'importance des migrations saisonnières des troupeaux qui s'accompagnent de déplacements importants de la population. Car comme on le sait tout ce mode de vie influe sur la vie et l’organisation de la vie politique entre les ethnè.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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