Les guerres de Macédoine

 

 

 

Chronologie :

 

217 – offensive de Skerdilaïdas contre des possessions macédoniennes

Première guerre de Macédoine 215 – 205
214 – 212 Philippe V profite des difficultés romaines dans les guerres puniques contre Hannibal Barca en Italie pour étendre ses possessions au Nord-Ouest

212 - Alliance romano-étolienne
206 - Paix de Phoinikè (contrôle du littoral illyrien par les Romains, assurance des frontières Ouest du territoire macédonien)

201 – Bataille de Chios qui « nettoie la mer » (Baslez) et assure la sécurité des îles contre Philippe V.

Deuxième guerre de Macédoine 200 – 196

200 – suite aux inquiétudes de Rhodes et Pergame, Rome déclare la guerre à Philippe V

200 – bataille de Chios assure la sécurité de la ligue des insulaires

198 – Flamininus libère les cités grecques de Thessalie

196 – proclamation de la liberté des Grecs aux fêtes panhellénique de l’Isthme.

 

Guerre Séleucide ou guerre contre Antiochos III 192 – 188

191 – Défaite de l’alliance étolo-syrienne aux Thermopyles.

190 – Rome s’assure la maitrise des mers et repousse Antiochos hors de Thrace

188 – Paix des Apamées disparition du royaume Séleucide

Troisième guerre de Macédoine 172 – 168

180 – Philippe fait assassiner son fils cadet Démétrios (soutenu par Rome à la succession
179 – mort de Philippe V

171 – guerre préventive déclarée par Rome contre Persée

168 – Victoire de Paul Emile sur Persée à Pydna (éclatement de la Macédoine)





Première guerre de macédoine

En 217, Skerdilaïdas (Illyrien) mène une campagne contre des possessions macédoniennes, au Nord-Ouest du royaume de Philippe V.

Entre 214 et 212, Philippe V profite des difficultés romaines en Italie pour conquérir des territoires illyriens sous protectorat romain à l’ouest de ses frontières et récupérer ceux abandonnés plus tôt aux Étoliens.

Ce sont principalement les incursions en Atintanie et Parthinie qui motive le Sénat à s’entendre avec la ligue étoliennes.

Rome adopte alors une position politique nouvelle et se prononce pour le droit historique des Etats grecs et entend faire prévaloir leurs libertés face au roi de Macédoine.

Les combats qui eurent lieu par la suite attestèrent de la supériorité des Macédoniens, ce n’est qu’en 206 que Rome se décide à envoyer une véritable garnison en secours des provinces illyriennes et étoliennes mais aucun affrontement n’eut lieu. La paix de Phoinikè (206) vint clore ce premier volet des guerres macédoniennes en assurant les frontières de Philippe V à l’Ouest et apportant aux romains la pleine maitrise du littoral adriatique.

 

La première guerre de Macédoine marque symboliquement la première incursion romaine en territoire grec mais ne donne aucun signe marqué d’une volonté à venir s’y implanter.

 

Deuxième guerre de macédoine

 

Philippe V respecte la paix de Phoinikè sur les territoires concernés mais reste actifs dans ses conquêtes et principalement en territoires égéens. Sa politique expansionniste inquiète certaines cités indépendantes notamment Rhodes et la ligue des insulaires ainsi que Pergame, des cités ayant de larges intérêts à préserver en mer Egée et de manière plus large en Méditerranée.

Les intérêts romains dans ce conflit sont multiples, ils sont tout d’abord sollicités par Athènes dans un conflit mineur avec les Arcananiens (soutenus par Philippe V). D’autre part ils jugent les relations entre Macédoniens et Séleucides comme une alliance potentiellement dangereuse qu’ils souhaitent ne pas voir grandir. P. Cabanes donne également une information importante sur la volonté affichée par certains chefs militaires de ne pas voir rentrer aux pays certains vétérans des premières guerres auxquels sont promis des terres à leur retour à Rome. Ainsi ces terres restaient, pour un temps encore, possession de quelques familles sénatoriales qui en tiraient des revenus confortables par la gestion de l’ager publicus (distribution des terres d’un Etat ou d’une cité, rente foncière donc)

Rome prend donc en 200 le parti de la guerre, les campagnes victorieuses de Flamininus sont longues à se dessiner car même s’il s’avère que le système d’infanterie militaire romain (la légion) est plus efficace que la phalange hoplitique grecque dans le type de combat qui les opposent, les combats sont épuisants pour les troupes tant l’opposition est rude.

A l’issue de cette guerre, la Macédoine se voit imposer, en plus d’une lourde indemnité de guerre et la livraison de sa flotte militaire, une forte diminution de son territoire qui est réduit à sa plus stricte origine, soit avant les conquêtes de Philippe II.

La gestion des terres conquises par les Romains révèle la forte acculturation de Rome à l’hellénisme. « La liberté des Grecs » est ainsi voulue par une branche du Sénat et Flamininus, Achéens, Thessaliens, Corinthiens notamment peuvent ainsi se gouverner selon leurs propres lois et ne seront soumises à aucune occupation militaire. En demandant « l’évacuation complète des troupes romaines » (P. Cabanes), la requête de Flamininus soulève des interrogations au sein du Sénat. Certains craignent en effet que

l’ « évacuation facilite les intrigues diplomatiques en Grèce du roi séleucide

Antiochos III. » (P. Cabanes)

Au sein des différentes ligues helléniques, Rome emporte l’adhésion de nombreuses cités et commence à faire peser son hégémonie sur la Grèce.

Peu conscient à ce moment de l’enjeu égéen, il faut remarquer que les Romains n’interviennent pas au delà du fleuve Aoos.

En 196, Flamininus alors proconsul proclame lors des fêtes panhelléniques de l’Isthme la liberté des Grecs.

Les Etats libérés ne sont pas assimilés par un processus de symmachie traditionnel (fusion de cités via un traité) mais rentrent dans un rapport de tutelle avec Rome, une forme de clientélisme.

 

La guerre contre Antiochos III (192-188)

 

Antiochos III profite du retrait de Philippe V pour mener campagne en Thrace et le long des côtes de l’Asie Mineure.  Ses activités séleucides inquiètent les Rhodiens et les cités libres de Méditerranée orientale. Ces derniers formulent un appel à Rome pour réclamer une intervention contre l’expansion d’Antiochos qui menace leur liberté. A Lysimacheia, à la suite des jeux isthmiques, qu’Antiochos III fait remarquer à Rome que ces territoires sont, pour les Séleucides, légitimes car anciennement possédés par ces ancêtres.

 

Dans le Péloponnèse, Nabis (Tyran spartiate) voit son pouvoir reconnu par Rome. Les Étoliens qui avaient longtemps été les alliés des Romains voient dans cette reconnaissance accordée au tyran un désaveu car cela empêche l’unification du Péloponnèse à la ligue achéenne.

 

Cet accroc aura des répercussions en 193, alors qu’un accord semble être en passe d’être trouvé entre Rome et Antiochos, les Étoliens et Pergame poussent Antiochos à la guerre contre Rome, Nabis. (l’accord prévoyait de laisser Antiochos libre d’agir en Asie Mineure ce qui explique l’implication d’Eumène II pour protéger les intérêts de Pergame)

 

C’est donc poussé par les Étoliens qu’Antiochos débarque à Démétrias en 192. Sa flotte est peu importante (10000 hommes) ce qui explique les réticences des provinces à le rejoindre dans le combat qu’il s’apprête à mener face aux Romains.

Logiquement il est défait sévèrement aux Thermopyles. L’année suivante il perd la maitrise de la mer et est même obligé à abandonner la Thrace, il n’est plus en mesure de négocier et Rome en profite pour lui assener le coup de grâce à Magnésie en 189.

Le royaume séleucide n’existe plus en Grèce européenne et se retranche en Asie Mineure. Dès lors que le serment des Apamées est prononcé en 188

 

Troisième guerre de Macédoine

 

Durant les années qui suivirent la deuxième guerre de Macédoine Philippe II opère un redressement de la Macédoine (politique nataliste, incorporation de Thraces pour le repeuplement, mesures fiscales, reprise exploitation des mines). Sans jamais se positionner contre Rome, les laissant même agir en territoire macédonien si besoin est, les romains restent très méfiant à l’égard des positions de Philippe V.

 

Quel est l’objectif de cette troisième guerre ? Impérialisme romain ou prudence face à une nation retrouvant sa puissance ?

 

Persée (successeur de Philippe V) montre son habilité politique dans le règlement des conflits régionaux, « il sait s’attirer les sympathies populaires » (Cabanes). Il prend régulièrement le parti des petits propriétaires dans le règlement des conflits sociaux, à l’inverse de Rome, qui apporte souvent son soutien aux plus puissants.

Les nouvelles alliances ainsi créées (ligue achéenne, Béotie) continuèrent d’inquiéter un Sénat romain toujours plus agacé du manque d’unité en Grèce.

 

Les hostilités débutent après qu’Eumène II ait plusieurs fois fait appel aux Romains dénonçant le redressement macédonien (172).

En 171, le Sénat déclare la guerre à Persée alors que les accords de 196 n’eurent pas été violés. Rome présente cette attaque comme une guerre préventive.

 

Paul Emile, successeur de Flamininus, est bien décidé à faire valoir le droit du vainqueur après sa victoire sur Persée à Pydna en 168.

Sa position autoritaire peut s’expliquer par le fait que le projet d’unification des Grecs voulu par Flamininus s’est avéré être un échec pour les Romains, de nombreuses cités ayant rejoint Antiochos III dans son entreprise de reconquête de la Grèce.

Rome, face à l’impossibilité d’ « établir une alliance hégémonique en Grèce », repris une politique clientéliste particulière avec chaque Etat selon son engagement auprès des Romains.

 

La Macédoine est ainsi découpée en quatre merides (districts), formant ainsi quatre républiques distinctes. L’Illyrie, également alliées aux Macédoniens, vit sa monarchie éclatée et sa région recomposée en « Etats autonomes et tributaires ».

L’Epire subie, elle, toute la violence des Romains qui détruisent 70 villes et vendent 150 000 Epirotes, alors que la région n’était à cette période qu’une zone de passage.

 

Conclusion :

 

Cette guerre marque alors la fin des monarchies et royaumes grecs, avec la disparition totale du royaume macédonien. La puissance romaine devient autoritaire, la position du Sénat diffère totalement de la position qu’a pu adopter Flamininus par le passé en voulant « libérer les Grecs ». Il s’agit désormais d’asseoir un pouvoir institutionnel romain, et d’affilier ces territoires à Rome par un système clientéliste et la levée d’un tribut.

 

Il est remarquable de constater la fragilité politique du monde grec hellénistique. La mise sous tutelle, qu’elle soit grecque, avec les Macédoniens ou romaine semble précaire aux vues des multiples retournement d’alliance des régions selon leur intérêt et selon la puissance politico-militaire de l’allié. Les régions elles-mêmes ne semblent pas agir d’une seule voix, en témoignent les différentes divisions en Béotie ou en Thessalie.

 

En définitive, malgré des institutions politiques solides, des arguments militaires importants, les grandes puissances qui souhaitent imposer leur pouvoir sur un territoire doivent d’abord s’attacher la fidélité des populations qui le composent et cet exercice apparaît comme étant extrêmement difficile à aborder. Les cités et koinon (communautés de villages) vivent dans une tradition d’hommes responsables de leur communauté, participant aux affaires de la cité et bénéficiant d’un statut libre.

Qu’elles soient macédonienne ou romaine, les puissances éprouvent de larges difficultés à imposer leur domination sur le monde grec qui possède déjà un système social et politique développé au point que l’acculturation à d’autres coutumes ne soit pas envisageable. Un temps tenté par les Romains sous l’impulsion de l’hellénisme de Flamininus, on comprend plus aisément que progressivement Rome impose son autorité avec plus de fermeté. Cette période marque alors le début de l’impérialisme romain sur le monde grec.

 

 

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Réponses à cette discussion

C'est un début !

Maintenant reste... à prendre en compte les pages de Pierre Cabanes dans L'Epire.... qui montrent

-pourquoi cette région se trouve "entre le marteau et l'enclume"

-qu'au moins jusqu'à la 3e guerre de Macédoine, les dirigeants de l'Epire vont essayer de rester les plus neutres possibles pour épargner les populations

-et donc d'introduire les questions essentielles qui se posent

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