SYNTHESE : N.G.L. HAMMOND, « Illyrians and North-west Greeks », The Cambridge Ancient History Volume 6 : The Fourth Century BC, Cambridge University Press, 1994, 2nde éd., pages 422-443

 

Note sur l’auteur :

Nicholas Hammond (1907-2001) est un topographe anglais spécialiste de la Grèce du Nord. Il passe une grande partie de son temps libre dans sa jeunesse à explorer les régions de la Grèce de Nord et de l’Albanie ce qui fait de lui l’un des plus grands connaisseurs de ces régions reculées encore très peu étudiées. Ses travaux concernent notamment l’Epire et la Macédoine. Il contribue à l’édition et à la rédaction des divers volumes de la Cambridge Ancient History ainsi que de la seconde édition de l’Oxford Classical Dictionary qui sont les deux plus grandes références bibliographiques anglo-saxonnes dans l’étude de l’Antiquité.

N. Hammond n’est pas un historien. Il est néanmoins l’un des plus grands spécialistes de la Grèce du Nord. Ainsi, dans son article riche d’informations, on ne retrouve pas le discours des historiens que l’on connait. Sa méthode n’est pourtant pas différente de celle des antiquisants. C’est la rédaction de sa démonstration qui diffère. Il faut aussi rappeler que l’historiographie anglo-saxonne est différente de la nôtre et que, encore aujourd’hui, les historiens anglais et américains n’écrivent pas l’histoire comme on nous l’apprend.

Ainsi, Hammond divise son article en trois parties. La première traite des Illyriens entre 540 et 360 avant notre ère. La seconde retrace l’histoire des Grecs du Nord-Ouest pendant cette même période. Enfin, l’ultime partie relate les relations entre les Illyriens et les habitants de la Grèce du Nord-Ouest entre 360 et 323 avant JC. . Chaque partie est traitée chronologiquement. Les différents aspects évoqués sont surtout politiques et économiques.  

 

Les sources exploitées :

N. Hammond procède à l’examen de tous types de sources pour son étude. Il utilise la numismatique pour les aspects économique de la question ; mais aussi l’archéologie, surtout pour les régions correspondants à l’Albanie actuelle ; l’épigraphie (il mentionne dès son introduction les fragments d’Hecataeus) et enfin les sources littéraires. Les auteurs les plus étudiés pour son étude sont Strabon et Thucydide, mais il mentionne également Plutarque, Aristote et Polybe.

 

L’une des difficultés des recherches pour ces régions tient au fait que les sources sont aujourd’hui partagées entre trois pays : l’Albanie, la Macédoine et la Grèce.

 

I-              Les Illyriens

 

Topographie des lieux.

 

La région des lacs tient une place importante dans l’économie antique du Sud des Balkans. Elle constitue une place stratégique pour de nombreux peuples.

Cette région, située à environ 800m d’altitude est riche en poissons. Dans les bases terres, les plaines sont nombreuses pour le pâturage des troupeaux. Dans les montagnes, les forêts sont très riches.

La communication entre le nord et le sud est rendue aisée par l’absence de rivières ou montagnes considérables à franchir. Aussi, de toute la région située au nord du golfe de Corinthe, la communication d’est en ouest en plus facile dans cette même région des lacs. Pendant l’antiquité, deux routes majeures facilitent les communications dans cette région : la route qui est aujourd’hui la via egnatia (en rouge sur la carte) ainsi qu’un autre route située entre les lacs Prespa et Malik.

 

 

 

 

 

Les peuples illyriens.

 

-        Les Dassaretis (ou Dexaris) vivant près du mont Tomor. Ils sont le peuple vivant le plus au nord. (cf. : carte)

-        Les Encheleae, vivant au nord des lacs.

-        Des Damastini au nord et nord-est du lac Ochrid.

-        Les Bylliones, vivant au nord de la région basse de l’Aous ; ils sont les voisins de la colonie grecque d’Apollonia.

-        Les Parthini, vivant dans le centre de la vallée de Shkumbi.

-        Les Taulantii, vivant dans l’arrière-pays autours d’Epidamnus (ou Dyrrhachium = colonie grecque).

-        Les Abri, vivant au nord de la vallée Mati.

-        Les Chelidonii, vivant à l’intérieur du territoire des Abri.

-        Les Atindani, vivant au nord du lac Ochrid.

Taulantii, Encheleae, Bylliones, Parthini et Chelidonii sont des groupes formés par différentes tribus. Grâce aux contacts établis avec la Grèce, les tribus illyriennes sont parfois devenues bilingues (surtout les Bylliones et les Taulantii).

 

L’étude de deux nécropoles royales : Trebeniste et Radoliste.

 

Les ressources naturelles au nord de la région des lacs sont exploitées par deux grandes dynasties sont les nécropoles royales ont fait l’objet de fouilles. Dans les deux cimetières, les traditions d’inhumation sont similaires : les hommes sont ensevelis sur un lit de pierre, ils sont enterrés avec leur épée, casque et lance.

Le cimetière le plus riche est sans conteste celui de Trebeniste situé ou nord-est de la région des lacs. Certains morts portent des masques mortuaires ainsi que des sandales et des gants en or. Les différents ornements trouvés sont souvent en or ou en argent.

Le cimetière de Radoliste, proche du lac Ochrid, ne comportait aucun objet en or, mais les offrandes faites aux morts sont les mêmes.

Les fouilles effectuées dans les deux sites nous permettent d’établir des contacts proches entre les deux dynasties. Le choix du site de Trebeniste comme nécropole royale n’est explicable que si la famille royale régnait sur de larges étendus au nord et au nord-est. En effet, l’or ne pouvait provenir que de ces régions, les gisements le plus proches se trouvant alors à Metohija (aujourd’hui au Kosovo) et à Kratovo. L’argent dont disposaient les deux dynasties venait probablement des mines de Damastini.

 

Les fouilles des cimetières permettent d’établir une chronologie pour les différents peuples illyriens.

Ainsi, les Encheleae sont les premiers à décliner : leur cimetière cesse d’être utilisé au début du Ve siècle avant notre ère. A partir de 475 av. JC. le riche cimetière de Trebeniste s’appauvri. A la fin du siècle, il n’est plus du tout utilisé.

Dans les régions au nord et à l’ouest des lacs, les traditions d’inhumation sont différentes que celles observées dans les deux nécropoles royales de Trebeniste et Radoliste. En effet, on trouve plus de tumulus (éminence artificielle, circulaire ou non, recouvrant une sépulture. On emploie aussi parfois le mot « tertre »). On en trouve le plus souvent dans les régions peuplées par des tribus illyriennes, dans la vallée de Mati, dans la plaine de Zadrime (appartenant aux Grabaei) et dans la région de Scodra (abritant les Labeatae). La tradition du tumulus perdure à travers le IVe siècle puis se raréfie pendant la période hellénistique. A cette tradition d’inhumation a été associé un mode de vie particulier : celui que mènent les bergers transhumants. Il faut également noter qu’on trouve cependant très peu de tombes de personnes ordinaires pour l’époque.

 

Organisation politique des tribus illyriennes.

 

La transhumance prend une place très importante dans l’économie de ces sociétés. Ces petites tribus forment des communautés plus larges en se regroupant sous l’égide d’un chef (ou parfois même de plusieurs). Les chefs des tribus constituées pour l’essentiel de bergers sont des chefs/guerriers. En Illyrie, il semble que ces chefs guerriers dominent car, étant bien armés, ce sont eux qui protègent les troupeaux des différentes menaces que constituent la nature (ours, lions, loups) et qui sont les plus à même de contenir leurs rivaux. On le sait grâce aux fouilles de sépultures de chefs où leurs armes ont été retrouvées à côté de leur corps. Ainsi, Hammond cite Thucydides:  “the few rule the many, the few having no other title to their despotic power than superiority in fighting”.

(« Quelques-uns gouvernaient les plus nombreux, ces quelques personnes n’ayant pas d’autre titre à leur pouvoir despotique que leur supériorité au combat »).

La supériorité militaire est importante dans la mesure où la Macédoine constitue une menace importante à cette époque.

 

L’économie en Illyrie.

 

La numismatique est une source essentielle de l’étude des dynamismes économique pendant l’Antiquité. Par exemple, de nombreuses pièces en argent portant l’inscription « tyntenon », identifiés comme étant les Atindani vivant au nord du lac Ochrid ont été retrouvées en Italie, en Egypte ou encore en Asie ce qui démontre que ce peuple commerçait avec d’autres nations outre-mer.

De plus, on sait qu’Apollonia conserve de bonnes relations avec les Illyriens de l’arrière-pays grâce à la numismatique.

Les plaines côtières sont une autre région économiquement dynamique en Illyrie. Ces régions bénéficient de la présence de grandes plaines très appréciées pour la pâturage des troupeaux transhumants.

 

 

Le règne de Bardylis.

 

Bardylis prend le pouvoir et se nomme roi des Dardanii au début du 4e siècle avant notre ère. Cette période marque le commencement de la constitution d’une armée puissante regroupant différentes tribus. Bardylis domine la région des lacs et vainc les Molosses et les Macédoniens à plusieurs reprises. Il soumet également les Chaones. Entre 393 et 391, il gouverne la Macédoine grâce à la mise en place sur le trône d’un roi pantin ; puis, en 383-382, il soumet complètement la Macédoine et oblige le roi à lui verser un tribu (d’après Diodore).

Bardylis forme une alliance avec Dionysius, tyran de Syracuse et tue 15 000 Molosses au cours d’une bataille dont la victoire lui permettra de contrôler leur territoire. En 359, il tue le roi de Macédoine et occupe les villes du nord de la Macédoine.

Bardylis est un précurseur pour Philippe II de Macédoine dans la création d’un Etat monarchique puissant. En effet, il combine le développement économique et militaire. Durant son règne, il émet une monnaie en argent (vers 395) qui adopte quelques emblèmes de la puissante ligue de Chalcédoine. La répartition des pièces découvertes montre que Bardylis construit une vaste région d’échange dans la région des Balkans du centre et au nord du Danube. Il est probable que Bardylis est fait construite quelques sites fortifiés (contrairement aux précédents monarques illyriens).

 

L’apport de l’archéologie et de la numismatique : la détermination de sites influents.

 

L’influence d’Apollonia est plus importante que celle d’Epidamnus : on peut le voir à travers les résultats des fouilles de Bels, un site ouvert, équidistants entre les deux régions. Le IVe siècle semble marqué par la domination des importations depuis Apollonia. On observe cependant la puissance d’Epidamnus à travers l’émission de leur monnaie faite à partir de l’argent des mines de Damastini. Sa distribution montre qu’ils commerçaient intensément dans la région des Balkans du centre et du nord au cours du IVe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I-              Les Grecs du nord-ouest.

 

Les Grecs du nord-ouest occupaient un large territoire de l’ouest du golfe d’Ambracie jusqu’au golfe d’Oricum et à l’est jusqu’une ligne imaginaire depuis le nord de la vallée Achelous jusqu’au nord de la vallée Erigon. Ces régions montagneuses sont riches en eau, en prairies et en forêts.

L’organisation politique est très peu différente de celle des Illyriens du Sud : organisation en ethnè constitué de petite tribu qu’ils appellent ‘phylai’. Les bergers pratiquent également la transhumance.

 

Les peuples épirotes.

 

-        Thesprotes

-        Athamanes

-        Molosses

-        Atintâmes

-        Chaones

-        Parauai

-        Oreste

-        Elimeotae

-        Lyncestae

-        Pelagones

 

Molosses et Chaones : deux koina importants.

 

La plupart des autres groupes ont été affaiblis par les Illyriens surtout pendant le règne de Bardylis. Les quatre derniers groupes mentionnés sont soumis par Alexandre Ier de Macédoine. Les Molosses compensent en évinçant le pouvoir qu’on les Thesprotes sur le sanctuaire de Dodone et s’attire ainsi les faveurs de Zeus (Strabon). Aussi, les Molosses soumettent les Atintanes. Le pouvoir est conféré au roi Tharyps.

Les Chaones soumettent les Thesprotes. Chez eux, deux membres de la famille royale sont désignés annuellement. Ils deviennent les prostates : on leur confère le pouvoir.

Les Molosses et les Chaones donnent l’impulsion d’une coalition. Dans cette nouvelle organisation politique, les groupes secondaires sont les Thesprotes, qui n’ont plus de roi, les Orestes dont le roi est soumis à celui des Parauaei. En revanche, on ne sait rien de la place qu’occupent les Atintanes dans cette coalition dans laquelle les Chaones dominent car ils sont vus comme les plus guerriers.

 

 

 

 

Les Molosses.

 

On connait l’organisation interne des groupes tribaux chez les Molosses grâce à la publication de deux inscriptions datant  de 370-368 av JC dans lesquelles les Molosses confèrent la citoyenneté à des étrangers. On ne peut qu’imaginer un système similaire pour les autres. Les hauts dignitaires molosses sont le roi, les prostates, les secrétaires (grammateus) et les 10 damiogoi (un pour chaque tribu du koinon des molosses).

Chaque année, le roi des Molosses échange un serment, celui de gouverner en accord avec les lois en échange de quoi les citoyens molosses prononcent celui de respecter le roi en accord avec les lois, après avoir adressé un sacrifice à Zeus (Plutarque, Pyrrhos). Chaque tribu garde son propre nom. Une inscription datant du règne de Neoptolemus (mort vers 360) mentionne cinq  autres tribus dans le koinon des molosses (toutes situées au du nord du Pinde). Il y a désormais 15 synarchontes au lieu de 10 damiogoi. Le roi est à la tête de l’armée en tant que Aecidae, (descendant d’Achille). La décision d’agrandir le koinon vient du roi (d’après Aristote).

 

Mode de vie.

 

Les Chaones, Thesprotes, Cassopi et Molosse vivaient en villages (komai) : il n’y avait pas de villes fortifiées (résultats des fouilles archéologiques).

 Les premières fortifications datent de 350-300 av. JC. On trouve des restes de fondations de cabanes rondes, un village d’une douzaine de maisons et deux cimetières à Vitsa.

Les rites funéraires sont similaires à ceux de Trebeniste.  Les hommes sont enterrés avec des lances dans des tombes peu profondes recouvertes de pierres. Les sanctuaires étaient également ouverts. La seule construction en pierre à Dodone date de 400 avant notre ère. Il s’agissait sûrement d’une pièce pour entreposer les offrandes. Plus au nord, les fouilles ont permis de constater le déclin de la tombe en tumulus. A partir du moment où une grande route assure la communication entre les groupes, les traditions d’inhumation changent. La tradition des tumulus perdure plus longtemps dans les régions du sud de l’Illyrie et au nord de la via egnatia.

 

Leur mode de vie est très différent de celui des cités. Les auteurs grecs ont toujours notés le contraste entre les deux régions. Thucydide parle même de « barbares ».

 

 

 

 

 

 

 

L’unification autour d’une langue commune.

 

Il existe un débat concernant la langue parlée par les Grecs du nord-ouest. Différentes preuves selon lesquelles les épirotes parlent le grec se trouvent dans l’étude de décrets molosses qui sont complétement rédigés en grec  partir des années 370 avant notre ère. L’onomastique permet d’établir les mêmes résultats : les Molosses ont des noms grecs. On pense ainsi que le rassemblement des tribus sous la même autorité se fait grâce à l’utilisation d’un langage commun.

Par exemple : les Thesprotes qui parlent grec ont accepté d’être dirigés par les Chaones en 429 (qui parlent également le grec). De la même façon, les épirotes ont accepté les Chaones comme membre de leur ligue car ils partageaient la même langue.

 

L’art.

 

Les éléments disponibles pour établir une mode artistique pour ces régions sont plus minces que ceux dont disposent les archéologues et historiens des cités grecques. On sait cependant que les vases en bronze constituent un objet en demande constante. Beaucoup de ce type d’objet ont été trouvés à Dodone et sur les tombes de Vitsa. Les récipients en métal sont souvent très affectionnés par les bergers nomades.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II-           Les Illyriens et les Grecs du Nord.

 

L’apport de l’épigraphie et de la numismatique dans la compréhension de la situation politique.

 

La situation politique des tribus du nord-ouest est connue grâce à des inscriptions qui recensent les hôtes des émissaires sacrés d’Epidaure. Les noms des hôtes mentionnés sur ces inscriptions sont : Corcyre, Chaones, Artichia, Thesprotes et Molosses. En revanche, le nom d’Epire ne figure pas. Il y a donc une organisation politique derrière chacun de ces noms. Ces listes nous permettent d’établir des liens entre certaines cités grecques (Ambracie, Cassope) et des koina.

La nature de l’Etat thesprote est connue grâce à une inscription trouvée à Goumani et datée  de la deuxième moitié du IVe siècle. Cette inscription comporte une liste des tribus membres de l’Etat (environ 14)

Pour les Chaones, on trouve de nombreuses inscriptions à Buthrotum :

-                  On connait l’existence d’un prostate annuel (leader)

-                  L’Etat est composé de nombreuses tribus (l’une d’entre elle étant elle-même composée de plusieurs petits villages).

La force économique supérieure des Molosses est connue grâce à la numismatique. La Molossie seule produit de la monnaie à partir de 375 av. JC. on sait également que le koinon commerce avec des pays étrangers.

 

La politique de Philippe II de Macédoine.

 

La victoire de Philippe sur Bardylis en 358 avant notre ère a révolutionné la situation dans les zones du nord-ouest. La menace illyrienne est anéantie. Bardylis est privé de la région des lacs. Philippe est en position de force.

D’après Diodore, Philippe assujetti les tribus vivant dans sa zone de contrôle. Il ne se contente pas seulement d’annexer des terres jusque Lyncus. Il intègre Palagonia et les Orestes à son royaume et créé un nouveau canton macédonien dans la région sud-est des lacs.

 

Philippe fait des mariages politiques entre 359 et 357 :

-        Phila, princesse d’Elimea

-        Audata, princesse illyrienne

-        Philinna, une aristocrate de Larissa en Thessalie

-        Olympias, princesse molosse. -> alliance avec Arrybas son oncle.

Philippe choisi de s’aligner avec les Molosses. (Koinon le plus puissant).

 

 

 

                                                 Philippe en Illyrie : une conquête militaire :      

 

Dans les premières années de son règne le principal souci de Philippe est l’Illyrie. Après la défaite de Bardylis, la région est contrôlée par le roi Grabus (tribu des Grabaei) qui commence à empiéter la zone d’influence de la Macédoine dans la région ouest des lacs. Grabus s’allie à la ligue de Chalcédoine mais il est battu par Philippe. Taulantii et Parthini deviennent des alliés de la Macédoine. Philippe consolide sa prise de pouvoir par la construction de villes fortifiées en Illyrie.

 

-        Vers 346 Philippe bat les Dardanii et ses voisins dans une grande campagne. Les Ardiaei essuie une défaite.

-        339 : les Tribali sont repoussés dans la région de Nis.

-        337 : bataille contre Pleurias (roi d’une tribu puissante entre les Ardiaei et les Tribali)

Philippe s’impose en Illyrie par sa supériorité militaire et notamment grâce à une puissante cavalerie. Les aristocrates des tribus sont forcés de reconnaitre son hégémonie.

Cependant, Philippe ne se charge pas des affaires internes. Il laisse la royauté en place ; en effet, il avait seulement besoin d’être reconnu comme supérieur et de faire respecter sa politique extérieure, le versement d’un tribu (métaux précieux)  et d’une réserve d’homme pour les campagnes militaires.

On constate alors en Illyrie une période de paix économique grâce à la numismatique.  Les échanges sont nombreux avec sud de l’Italie et Sicile.

 

Philippe en Epire : un jeu d’alliance.

 

Philippe II agit différemment en Epire. Il commence par envahir la Molossie, et utilise Alexandre, frère d’Olympias en l’invitant à  rejoindre sa cour en Macédoine pour le placer plus tard sur le trône de la Molossie. Philippe procède à l’annexion de Parauaei et de Tymphaea ainsi que des Orestes. La monnaie macédonienne est utilisée à la place de la monnaie molosse. Il capture trois cités grecques : Buchetium, Elatria et Pandosia et les intègre au territoire des Molosses.

Les Molosses vivent comme un état indépendant mais sont contrôlés par Philippe grâce à son roi alors commandé par son beau-frère.

L’alliance avec la Molossie est consolidée en 336 lors du mariage de Cléopâtre -fille de Philippe et d’Olympias- et d’Alexandre. A la mort de Philippe, les deux Alexandre régnant en Epire et en Macédoine sont amis et l’alliance est toujours solide.

 

Alexandre le Grand cherche à rétablir la puissance des Macédoniens par la force : en 335  il remporte une victoire décisive en Illyrie. Il utilise les Illyriens dans ses campagnes en Asie (3000 hommes en 331).

 

L’influence macédonienne se fait ressentir dans l’archéologie : de petits centres urbains se développent dans le sud de l’Illyrie et on constate un rapprochement entre ces régions et la Grèce. Au nord de Shkumbi à Selce, un monument funéraire a été découvert : il présente des similitudes avec la nécropole royale de Virginia.

 

Avènement et fin de l’hégémonie molosse.

 

Les Molosses et les alliés deviennent un nouveau corps politique. (Analogie avec la ligue du Péloponnèse) :

L’organisation politique est probablement bicamérale : les Molosses ont l’hégémon et délibèrent pour leur propre compte et les alliés aussi. Le koinon fait des alliances avec d’autres Etats (Tarente) et mène des campagnes militaires :

-        Grands avancement des molosses en Italie mais destruction de l’armée épirote et mort du roi. (atteinte au prestige de la Molossie et de l’hégémon).

-         Destruction de l’alliance molosse : nouvelle organisation : l’alliance épirote.

La famille royale molosse conserve ses privilèges et son prestige dans le nouvel état. Une nouvelle monnaie est créée : la monnaie épirote. Les Molosses ne peuvent plus s’agrandir en attirant de nouvelles tribus. Leur expansion est gelée dans la nouvelle alliance.

 

 

L’alliance épirote.

 

Il y a de nombreuses entités politiques en Epire à cette époque.  Antipater règne en Epire. Il étend le territoire épirote qui est alors indépendant vis-à-vis de la Macédoine. Au sud de l’alliance épirote, Antipater gouverne sur « tous les grecs ».

L’alliance a plusieurs fonctions :

-         décider en matière de politique étrangère,

-        contrôler le système économique,

-         soutenir ou déposer le commandant en chef,

-        édicter une ligne de conduite diplomatique.

Chaque tribu possède son koinon et gère ses affaires internes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fortification des sites épirotes.

 

Quelques sites fortifiés constituent une défense pour les populations sédentaires et deviennent les centres politiques en Epire.

Vers 323 av JC des citadelles sont construites à :

-        Cassope pour les cassopéens ;

-        Argos Hippaton (Kastrion) et Gitana (Goumani) pour les Thesprotes ;

-        Dodone et Eurymenae (Katritsa) pour les Molosses ;

-         Buthrotum, Kalivo et Kara-Ali-Bey pour les Chaones (leur centre politique et citadelle étant Phoenice).

L’état représenté par Kemara dans la liste des hôtes possède deux centres : Himarre et Borsh (tous les deux fortifiés probablement). Les Amantes possèdent le site fortifié de Kanine et leur centre politique est Ploce.

En Epire du centre, les seuls endroits fortifiés se trouvent dans la plaine de Jannina, le centre de l’état molosse.

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Pièces jointes :

Réponses à cette discussion

la synthèse en format PDF comporte un certain nombre de cartes, je pense assez utiles pour la lecture. Bonne lecture !

the ethne in Epirus and upper Macedonia, N. Hammond

La définition des ethnè provoque de nombreux débats pour les spécialistes de la Grèce du Nord. Hammond oppose sa définition à celle d’Hatzopoulos qui préfère parler de communautés rurales regroupées formées à partir d’anciens regroupements de population et non de « tribus » qui implique des liens de parentés entre les différents membres de l’ethnos comme Hammond le fait. Son article tente donc de justifier sa définition. Pour se faire, Hammond divise une fois de plus son article chronologiquement.

 

I-              L’époque ancienne.

 

Les principales sources dont disposent Hammond proviennent des fragments d’Hecataeus puis aux auteurs antiques Rhianus qui écrit au milieu du IIIe siècle avant notre ère et Strabon qui vit au tournant du Ier siècle avant JC et du Ier après JC. Tous deux appuient néanmoins leurs travaux sur Hecataeus.

            Ses sources permettent la localisation des peuples transhumants vivant au nord du Pinde, (cf. première synthèse) ainsi que de définir l’appartenance des komai aux différents koina.

            Durant cette période, les Molosses et les Chaones se distinguent comme les groupes les plus influents.

 

II-            Les modes de vies à l’époque ancienne.

 

Les ethnè vivent de la transhumance. Les conditions climatiques expliquent en partie la migration de ces groupes de population des montagnes vers les plaines en hivers. En été, les bergers amènent leurs troupeaux en pâture dans les montagnes du Pinde qui constitue une zone de contact entre ces différents groupes et non une séparation nette entre l’Epire et le nord de la Macédoine.

            Ce pastoralisme transhumant est pratiqué à grande échelle. En hivers, ces groupes se rassemblent dans de grands centres comme Dodone. Néanmoins, les sites fortifiés restent rares. Dans les périodes de transhumance, les grecs du nord vivent dans des tentes (d’après une description de ces populations faite en 1308 avec laquelle l’auteur est d’accord).

            Grace à l’étude des lamelles oraculaire, on sait désormais que les épirotes partagent le même dialecte.

 

III-          La période « intermédiaire ».

 

A cette période, les Orestes, Pelagones, Lyncestes et Elimitae passent sous le contrôle de la Macédoine tout en gardant leur roi. Parallèlement, l’organisation politique de la Molossie est connue grâce aux inscriptions retrouvées à Dodone (datée de 370-368 avant notre ère). Ces inscriptions recensent les noms des tribus ayant intégrées le koinon des Molosses. Elles sont au nombre de dix puis passent à quinze plus tardivement. (cf. première synthèse)

            Ces populations vivent en villages ouverts. Les descriptions littéraires connues ont été confirmées par les découvertes archéologiques : les villes sont quasi inexistantes à l’exception de quelques sites connues comme Kastritsa ou encore Cassope.

            En Macédoine, les fouilles ont révélé la présence de villes vers Derriopus et Elimiotis.

 

IV-           La période tardive.

 

Hammond s’appuie pour cette partie d’un discours prononcé par Alexandre adressé à ses troupes et retranscrit par Arrien. Philippe II aurait protégé les populations transhumantes de Macédoine et leur aurait permis de « redescendre dans les plaines ». Le roi macédonien facilitait leur intégration dans les villes afin de bénéficier de réservoirs d’hommes disponibles à tout moment afin de grossir les rangs de son armée.

            En Epire, c’est le règne de Pyrrhos qui marque cette période. Vers la fin de son règne, une centaine de sites protégés par des murailles auraient été construits. D’après Hammond, Thesprotes et Molosses se considèrent eux même comme des regroupements de « race » (sic dans le texte). Les Thesprotes seraient descendants d’une tribu du même nom mentionnée dans l’Odyssée tandis que les Molosses auraient pour ancêtre commun le petit fils d’Achilles.

            Globalement, la période hellénistique est une période de prospérité pour la Grèce du nord.

 

V-             La période romaine.

 

Après la défaite des Macédoniens à Pydna, les conséquences sont terribles pour la Grèce du Nord. Les Romains pillent et mettent à sac pas moins de 7 villes molosses, et 150 000 personnes sont déportées. Ammotopos est détruit.

      Grâce à l’étude d’inscription datée du IIe siècle après JC, Hammond favorise la thèse selon laquelle les ethnè survivent aux destructions et continuent d’exister.

 

 

Dans la conclusion de son article, Hammond revient sur la définition à donner aux ethnè. Pour lui, il s’agit

bel et bien de communautés tribales c’est à dire un regroupement social de personnes se reconnaissant un ancêtre commun. 

Compte rendu de lecture. N.G.L Hammond, Epirus. The geography, the ancient remains, the history and the topography of Epirus and adjacent areas. Oxford, Clarendon press, 1967.

Epirus. The geography, the ancient remains, the history and the topography of Epirus and adjacent areas, grosse synthèse de 847 pages publiée pour la première fois en 1967, est le fruit de nombreuses années de recherches archéologiques et historiques. Hammond avait déjà publié une luxuriante collection d’articles nous faisant part de ses différentes conclusions tirées de ses nombreux voyages en Grèce du Nord et ce livre nous permet ainsi d’avoir, en un seul volume, l’ensemble des résultats de ses études concernant l’Epire. Hammond a rédigé une synthèse similaire concernant la Macédoine (cf. compte rendu).

Encore une fois, le topographe anglais aborde de nombreux aspects différents tels que la politique, la religion, les mouvements migratoires et coloniaux ou encore les progrès et « l’urbanisation » (sic dans le livre) des peuples de Grèce du Nord. Les diverses questions abordées par Hammond remontent jusqu’au troisième millénaire avant notre ère. Pour son étude, Hammond utilisent tous les types de source à sa disposition, à savoir les sources archéologiques, numismatiques, littéraires ou encore épigraphiques. Une fois de plus, les fouilles de nécropoles sont très largement exploitées par l’auteur.

Les 45 premières pages de l’ouvrage dressent un tableau de la géographie et de la topographie, des ressources et de la végétation présentes, des populations et du langage parlé en Epire. Les chapitres deux à six sont consacrés à l’énumération de chacun des sites sur lesquels Hammond a pu travailler ainsi qu’une description minutieuse des vestiges découverts sur chacun des sites épirotes. Cette contribution topographique a été très utile pour la correction de la localisation de nombreux sites dont les premières tentatives d’identification ont été compromises par des sources littéraires trop peu fiables et corrompues. La très bonne connaissance du terrain par Hammond est un atout majeur pour ce livre : quand bien même les arguments avancés sont peu convaincants et sa démonstration faible, les conclusions avancées restent néanmoins très probables. En revanche, ces descriptions parfois très longues rendent la lecture difficile pour les lecteurs ignorant tout du terrain dont il est question. La deuxième moitié d’Epirus peut être utile aux numismates, historiens et archéologues : Hammond étudie la répartition de la monnaie découverte lors de fouilles pour retracer les différents chemins commerciaux de l’Antiquité grecque.

Hammond travaille à la mise en relation entre de nombreux vestiges de Grèce du Nord et l’âge de Bronze. Pour ce faire, il allie tradition littéraire et fouilles archéologiques. Ces chapitres représentent sûrement une partie fondamentale pour les archéologues et les historiens. Grâce à ses deux types de sources, il retrace les parcours menés par les différents peuples épirotes (migrations, transformation des noms des communautés etc.). Ainsi, Hammond contribue à l’établissement d’une histoire chronologique par chacun des peuples étudiés. Dans son analyse, Hammond émet par exemple l’hypothèse qu’un certain nombre de peuples épirotes sont en réalité originaire des régions de Macédoine. Ces peuples auraient migré vers la Thessalie, le Péloponnèse, la Crète ou encore le Dodécanèse. Aujourd’hui, beaucoup de ses interprétations sont remises en question par les historiens.

Pièces jointes :

Compte rendu de lecture, N.G.L. Hammond. The macedonian state : the origins, institutions and history, Oxford press, 1990.

Ce livre de 413 pages est une grosse synthèse d’un ouvrage intitulé «  histoire de la Macédoine », articulé autour de trois volumes et dont Hammond est un des rédacteurs. D’ailleurs, dans la synthèse qu’en  fait l’auteur, il s’y rapporte très régulièrement et renvoie son lecteur vers ce premier ouvrage comme référence. The macedonian state  est divisé chronologiquement : l’analyse de Hammond débute à l’émergence de l’Etat macédonien et se termine au moment de la conquête romaine, après la troisième guerre de Macédoine.

               Différents aspects sont traités : une très large partie est consacrée à la définition et à l’organisation de l’Etat. Ce livre est donc essentiellement axé vers l’histoire des institutions macédoniennes. Un chapitre est consacré aux relations qu’entretiennent les différents groupes sociaux entre eux et une place y est faite pour les peuples intégrés lors des conquêtes militaires de la Macédoine. Bien entendu, une partie de l’analyse est consacrée au roi, représentant de l’Etat macédonien. Ces pouvoirs et privilèges y sont définis. Enfin, l’histoire militaire, articulée autour des armées de Philippe II, n’est pas laissée de côté.

               La lecture de ce livre est très accessible pour les personnes maitrisant l’anglais. Il est en revanche difficile de s’en procurer un exemplaire en France et l’on le trouve essentiellement dans des instituts spécialisés tels que l’INHA. The macedonian state est une référence essentielle pour l’étude de l’histoire de la Macédoine.

               Parallèlement, beaucoup des positions prises par Hammond sont jugées largement discutables par un grand nombre de spécialistes. L’ouvrage n’est pas toujours équilibré : les évènements militaires y sont cités trop fréquemment. Beaucoup de chiffres énoncés par l’auteur concernant notamment les effectifs de soldats morts au combat sont très discutables car les sources disponibles sont peu nombreuses. Certains historiens comme Carolyn S. Snively, enseignante au Gettysburg college, accusent Hammond de prendre un peu trop souvent pour argent comptant les évènements relatés dans les rares sources littéraires disponibles. C’est là qu’il faut rappeler que Hammond n’est pas un historien et que sa démarche diffère. Il se situe rarement dans la démonstration et l’histoire de la Macédoine qui est retracée dans cette synthèse reste très évènementielle.  Enfin, on, dénote trop souvent (au gout de certains) un jugement favorable de la politique macédonienne. Hammond fait par exemple cas des qualités personnelles de Philippe II et d’Alexandre le Grand qu’il présente comme l’une des causes de la prospérité macédonienne à l’époque hellénistique.

               En revanche, de nouveaux angles d’études sont abordés par l’auteur qui développe une grande analyse du commerce et de l’économie macédonienne. Hammond clarifie de nombreux aspects inconnus de la monarchie comme la position médiatrice du roi entre la communauté et les dieux (la sacralité du roi), les alliances politiques faites à travers le mariage ou encore les similitudes que présente la royauté macédonienne avec celle de Sparte.

               Ainsi, quand bien même de nombreux aspects abordés par Hammond dans ce livre sont aujourd’hui remis en question par une nouvelle génération d’historien, the macedonian state reste une référence centrale dans l’étude de la Grèce du nord et il n’existe pas d’ouvrages comparables  à cette synthèse de l’histoire de la Macédoine.

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